Lady Oscar - André

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 Les film qui vous font rêver !

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DEDE
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 12:21

Titanic et Autant en emporte le vent,j'adore!

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Rouge ou Blanche,une rose reste une rose.....





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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 13:28

Chacun ses goûts: perso je trouve les westerns italiens un cran au-dessus des autres...
"Le gaucher" ne se voulait pas tant une adaptation de Billy le kid mais partait sur la métaphore de cette légende pour évoquer la jeunesse des années '60: c'est cette portée qui en fait la force encore aujourd'hui...

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Chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées." Louis Antoine Saint-Just
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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 13:30

nanou a écrit:
UN FILM QUI NE M'A PAS FAIT REVER MAIS PLUTÔT PANIQUÉ C'EST "IRRÉVERSIBLE" ET SA FAMEUSE SCÈNE DE VIOL . JE ME SOUVIENS ON ÉTAIT CHEZ DES AMIS ET J'AI EU UN MOMENT DE PANIQUE INTENSE .J'AI DEMANDÉ QU'ON ARRETE LE FILM . EN Y REFLECHISSANT C 'ETAIT STUPIDE CAR C'EST DU CINÉMA ET JE NE M'EXPLIQUE PAS CETTE CRISE DE PANIQUE .

Peut-être parce que la manière dont cette scène est filmée ne peut que rendre mal à l'aise: le cinéma a une portée hypnotique qui lui permet de choquer réellement. Un film qui m'a physiquement souillé est "Salo" de Pasolini: c'est aussi l'un des meilleurs que j'aie vu car on ne peut pas sortir indemne de cette monstruosité...

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Comtesse du Blabla
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 13:50

Jamais voulu voir "irréversible" , jamais entendu parler de " Salo" , mais je viens de me documenter un peu, et j'ai vraiment pas envie...
Je ne pense pas être assez solide pour ça.
Un film qui m'a marquée est Platoon d' Olivier Stone . Très très éprouvant. Tellement que j'ai du faire autre chose en même temps que je le regardais pour tenter de diluer mon angoisse.

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TIGRESSE
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 16:52

nanou a écrit:
UN FILM QUI NE M'A PAS FAIT REVER MAIS PLUTÔT PANIQUÉ C'EST "IRRÉVERSIBLE" ET SA FAMEUSE SCÈNE DE VIOL . JE ME SOUVIENS ON ÉTAIT CHEZ DES AMIS ET J'AI EU UN MOMENT DE PANIQUE INTENSE .J'AI DEMANDÉ QU'ON ARRETE LE FILM . EN Y REFLECHISSANT C 'ETAIT STUPIDE CAR C'EST DU CINÉMA ET JE NE M'EXPLIQUE PAS CETTE CRISE DE PANIQUE .
 la scene est ignoble et en tant que femme il est normal d'agir autrement que tel que tu l'ad fait.
pour l'histoire Monica Belluchi elle-meme a hesite a la jouer et a ete longtemps traumatisee par cette scene.
dd'ailleur ce film a fait polemique a sa sortie alors en tant que femme ta reaction est naturelle.

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TIGRESSE
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 16:56

rectificatif :il serait anormal de reagir autrement que comme tu l'as fait .

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jarjayes80
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 18:55

Citation :
COWBOY PAT a dit BROKEBACK MOUNTAIN j'ai juste lu le livre
9a raconte l'histoire de deux cow boy qui se font péter la rondelle dans la montagne, pas trop mon truc.

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Merci Aurore pour ce merveilleux kit
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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 19:49

Perso je trouve ça un peu trop pudibond... Dans le genre gay "Queer as folk" se pose là: du sexe, des personnages de chez personnages, des problèmes de société...et Brian Kinnay...  number one

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COWBOY PAT
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Dim 22 Fév 2015 - 22:41

PUDIBOND BROKEBACK MOUNTAIN: Sans doute aussi parce que situé dans les années 60...

Sinon j'ai aussi aimé LE SERMENT DU CHEVALIER NOIR tourné en Angleterre en 1953 avec l'acteur Américain Alan LADD

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Lona
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Ven 27 Mar 2015 - 14:46

Sudena a écrit:



Dans "La Liste de Schindler" il y a UN symbole qui hante à-jamais le spectateur: la petite fille en rouge...




J'ai lu le livre avant de voir le film en 1993 ,j'ai adoré et ma passion pour tout ce qui a attrait à l'histoire et plus particulierement la seconde guerre mondial est partie de là. I love you
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 8 Avr 2015 - 18:09

Un film que j'aime beaucoup...
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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Ven 11 Sep 2015 - 21:18

1960. A Cannes deux réalisateurs de génie présentent leurs films, qui traitent tous les deux de la recherche de soi et du bonheur dans les hautes sphères de cette société italienne jamais totalement débarrassée de ses problèmes sociaux. Si ces deux films sont marqués par le néoréalisme dans le fond, ils s'en écartent néanmoins dans la forme avec une prétention esthétique certaine. Principales différences entre les deux: le premier se passe dans un décor urbain et peuplé, et exalte principalement la beauté masculine: celle de Marcello Mastroianni. Le deuxième, lui, se passe dans des décors naturels très vides et met en vedette la beauté féminine: celle de Monica Vitti. Le premier est réalisé par Federico Fellini, le deuxième par Michelangelo Antonioni. Le premier s'appelle La Dolce Vitta, le deuxième L'Avventura. Aujourd'hui ces deux films sont reconnus comme des chefs d'oeuvre immortels, d'une beauté et d'une intelligence hors du commun. Mais si La Dolce Vitta eut droit, en plus d'une palme d'or totalement méritée, à un triomphe populaire, L'Avventura, malgré son prix du jury, fut huée par le public qui, indigné, fit tomber une pluie de tomates sur les acteurs et le réalisateur à leur sortie du palais...

Ce traitement indigne s'explique par le fait que L'Avventura est un film totalement nouveau, qui prend le contre-pied de toutes les règles connues jusqu'alors, qui déconstruit le récit comme aucun n'avait osé le faire (et comme pratiquement aucun ne le refera, pas même Antonioni qui eut la bonne idée de ne pas essayer de "piéger" le public de la même façon par la suite), et qui ose s'adresser à un public intellectuel, chaque plan devant pratiquement être décortiqué, remis en contexte, étudié plusieurs fois pour essayer d'en saisir les subtilités... Mais quel bonheur! Quand on voit pour la première fois L'Avventura on se doute bien que le personnage principal, Anna (Lea Massari), n'est pas heureux malgré sa richesse, qu'elle se cherche sans se trouver et malgré la bonne volonté et l'affection sincères que lui vouent sa meilleure amie Claudia (Monica Vitti) et son petit ami Sandro (Gabriele Ferzetti). Le trio part en vacance à bord d'un bateau dans les îles Eoliennes, avec comme co-passagers le capitaine et deux autres jeunes femmes (prénommées Giulia et Partrizia) accompagnées de leurs compagnons. L'ambiance, quoique légère, n'est pas détendue pour autant: Anna semble jouer avec on ne sait quoi et épuiser la patience des autres. Le bateau mouille près d'une île de l'archipel et tout le monde descend profiter du soleil et de la vue. Mais quelques temps après, lorsqu'il faut remonter, on s'aperçoit qu'Anna a disparu. Les recherches commencent...et soudain le film s'arrête ou plutôt il prend un virage radical: alors qu'on est d'abord intrigué et inquiets de cette disparition les personnages autres qu'Anna nous apparaissent de façon plus complexe et surtout l'impression de gène par-rapport à la caméra se confirme: celle-ci semble indépendante de l'action, chercher des angles pour exalter la beauté ou la symbolique de la scène plus que pour accentuer la dramaturgie de l'action. L'éblouissement est total devant cette photographie absolument merveilleuse, cette lumière divine, ces paysages grandioses. Et Monica Vitti commence à prendre totalement l'écran: son jeu très sobre est pourtant empli d'une émotion telle qu'on perçoit tous les états d'âme de son personnage. Et ça ne s'arrête pas à elle: discrètement le mal-être de tous trouve un écho, une raison: les sentiments s'exaltent...et l'action ralentit de plus en plus... Car Sandro et Claudia se rapprochent de plus en plus: on sent l'amour qui point, à mesure que l'enquête diminue et qu'Anna devient une ombre dont on finit par redouter le retour... Les passagers du bateau, principalement Giulia et Patrizia, demeureront les seuls personnages "réels" à encore exister, et alors que Sandro et Claudia suivent une piste pour retrouver Anna ils arrivent dans un village abandonné. "C'è qualcuno?" lance Claudia à-travers les volets d'un hôtel désert dont seul l'écho lui répond. Et on se rend compte que depuis le début Antonioni filme le vide, l'isolation. Le film se poursuit et l'impression devient de plus en plus merveilleuse: Patrizia semble accepter une vie conjugale satisfaisante tandis qu'à contrario Giulia a faim de sexe et de plaisirs. Sandro, lui, cherche aussi beaucoup, amer que sa fortune soit venu d'un renoncement à des aspirations plus "nobles". Mais il aime sincèrement Claudia qui, au milieu de ce monde factice, voit quelque-chose en lui qui la fait rêver et à laquelle elle n'est pas prête à renoncer: plus pure et plus simple que les autres, Claudia doute elle-aussi, mais elle n'a pas renoncé au bonheur. Et Anna dans tout ça? Anna a disparu et le plus grand coup de génie du film, qui sera la cause des injures subies à Cannes, est qu'on ne saura jamais le pourquoi de cette disparition: Anna restera l'absente, la cause de l'amour entre Sandro et Claudia puis sa menace. En me laissant entrainer, bercer, par ce film, en m'abandonnant à son histoire "diaphane" et à sa beauté extraordinaire, j'ai fini, comme Claudia, par redouter le retour d'Anna, d'y voir l'imminence du vrai malheur qui pourrait s'abattre sur le couple principal... Antonionni est un génie! Ce film est un monument devant lequel je n'ai pas pu une seule fois détourner les yeux: hypnotisé, transporté par sa beauté, j'ai accepté toute sa narration, toute cette "déconstruction" qui fait pour moi sa sève... Intellectuel? certes. Incommunicable comme on l'a beaucoup dit? certainement pas! L'Avventura parle des sentiments, de la recherche du bonheur en soi et à-travers les autres, des doutes, des désirs et des peurs touchant à notre inconscient, et surtout d'amour! C'est incommunicable ça?.. en tout cas Antonioni l'a bien communiqué (comme il l'a dit malicieusement): mieux que tous les autres, peut-être mieux que Dieu...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Ven 11 Sep 2015 - 21:19

Petite illustration:


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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Ven 11 Sep 2015 - 21:50

Citation :
Et Anna dans tout ça? Anna a disparu et le plus grand coup de génie du film, qui sera la cause des injures subies à Cannes, est qu'on ne saura jamais le pourquoi de cette disparition:

Sérieux ? Pour cette raison ? Les gens sont graves.

Est ce que tu es déjà allé en Italie sinon ? J'y suis allée en 2011, ça n'était pas du tout planifié, une copine (Bulgare expatriée) m'avait invitée. On a fait Assise, Spello, Pérouse, Florence et un peu Rome. Et ça a été une incroyable surprise, jamais je n'aurais pensé aimer autant. J'ai encore les mots qui manquent pour exprimer ce que j'ai ressenti ( j'ai d'ailleurs pas mal mitraillé, plus de 300 photos en même pas une semaine) tellement c'était grand et peut-être que quand il n'y a pas de mot il y a le cinéma.

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Ven 11 Sep 2015 - 23:54

J'ai aucun sou pour voyager mais l'Italie est la première destination sur ma liste: j'ai par trop fantasmé devant les films d'Antonioni, Fellini, Visconti, Pasolini ou autres pour me dire que je mourrai avant d'avoir fait le voyage. En plus j'adore la langue et je suis un fan de Branduardi (et ce que tu me dis me fait saliver)...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 16 Sep 2015 - 19:39

Le Chant du Missouri



Bizarrement j'ai un gros coup de cœur pour ce film qui a toutes les apparences de la comédie gentillette et mièvre entre gens de la "haute" et ce dans le contexte d'une famille gaie, unie, heureuse et traditionnelle du début du XXème siècle. De plus on a beau chercher mais d'intrigue il n'est pas vraiment question: ce serait plutôt un assemblage de petites histoires quelque-peu entrecroisées sur des sujets simples qui apportent doutes, chagrins, joies et bonheur simples... Mais déjà la première nuance se fait: "simple" ne veut pas dire "banal" et pousse au-contraire à chercher un peu plus loin que les apparences, en se remettant par exemple dans le contexte de l'époque. L'exposition universelle arrive à Saint-Louis: certes ce n'est pas grand-chose mais c'est déjà ça: la situation n'est pas complètement ordinaire et le fait que la famille principale ait un téléphone est quelque-chose de neuf qui change discrètement le quotidien...

Et c'est là que nous arrivons au premier "coup" de ce film: si l'histoire est à-priori simple (j'ai bien dit "à-priori"...), son traitement ne l'est pas du tout. D'abord il s'agit d'une comédie musicale et c'est l'une des premières fois _ sinon LA première fois _ que ce genre est utilisé dans un contexte dramatique qui n'a, de près ou de loin, absolument RIEN à voir avec Broadway: aucun personnage n'est acteur, chanteur, producteur, metteur en scène ou autre, et le chant, ainsi, se "fond" dans l'action, l'illustre sans la commander ni même en être le prétexte. Et il faut voir, entendre, ces chants pour en saisir l'émerveillement: que ce soit le récurent "Meet me in Saint-Louis", le frénétique et pétillant "Trolley song", le très mélancolique "Have yourself a merry little Christmas" ou les autres, ils "coulent" avec magie pour faire partie d'une harmonie complète. Car si le film n'a pas UNE intrigue bien définie, il est pourtant, deuxième "coup", d'une fluidité incomparable, avec des personnages sublimement cohérents et surtout des rapports merveilleusement complexes...

J'en arrive alors au troisième "coup" que je n'avais pas envie de garder pour la fin: derrière son apparence simple et presque mièvre, ce film est en fait l'un des plus intelligents et des plus fins que j'aie jamais vus. D'ailleurs il suffit de voir dans quel état nous sommes à la fin: qui n'a pas eu les sourcils froncés, en train de se demander ce qu'il/elle a vraiment vu? si Minnelli ne s'est pas copieusement joué de notre sourire niais pour délivrer un message hautement subversif? Connaissant un peu le réalisateur, c'est plus que probable... Car Le Chant du Missouri nous présente une famille patriarcale où le père est le chef de famille qui travaille et qui prend les décisions importantes, mais très vite l'image se trouble quelque peu. Car la famille est très majoritairement composée de femmes (il n'y a que trois hommes, et de trois générations, contre cinq femmes, plus une domestique qui est tout le temps là), et le père, souvent absent, a toutes les peines du monde à imposer son autorité: des événement lui passent à-côté et le grand-père dit dès le début "On le laisse nous entretenir" comme si c'était déjà grandement suffisant. Aussi, alors qu'il n'est même pas le personnage principal du film, est-il souvent en porte à faux avec le reste de la famille, mais son statut continue à faire de lui le chef, car tout le monde le regarde comme ça. Tout le monde? en fait tous ceux qui respectent les conventions sociales. Il n'est d'ailleurs pas du tout anodin de faire d'Esther (Judy Garland), symboliquement l'axe médian de la fratrie (troisième enfant sur cinq) le personnage principal du film, car elle respecte les conventions sociales tout en en souffrant... Et l'intelligence phénoménale de ce film est symbolisé par le fait que ce soit la petite Tootie qui, trop jeune, ignorant donc ces conventions, s'oppose le plus ouvertement à son père dans une superbe scène d'une violence inattendue (la décapitation des bonshommes de neige), mais parfaitement "dans le ton" de son personnage rempli de pensées morbides sans perdre un iota de son innocence candide: le happy-end n'en sera que plus beau car il est symboliquement la victoire des sentiments sur le qu'en-dira-t-on...

Quatrième "coup" de ce film mais non des moindres: la mise en scène. Je reviendrai sur la couleur plus tard mais dès les premières images la maîtrise des plans et des déplacements des acteurs ou de la caméra saute aux yeux: c'est un sans-faute le total avec des moments proprement magiques. Les personnages, à l'exception de la seule Tootie (ce n'est pas un hasard comme nous l'avons vu) sont presque perpétuellement "encadrés" soit par un élément du décor, soit par d'autres personnages, et il se dégage de cela une poésie féérique, en particulier avec les scènes de Judy Garland dont le "cadre" est particulièrement visible et renforce son charme étrange et unique en son genre (elle n'a jamais autant ressemblé à une poupée de porcelaine). Et qui peut rester insensible à la perfection de l'échange de cavaliers derrière l'arbre de noël?.. Chaque "chapitre" du film se décompose aussi avec une classe splendide: la maison façon carte postale en photo noir et blanc dont le décor change selon la saison, puis "s'anime" et prend ses couleurs pour nous y plonger: c'est irrésistible...et c'est un pont parfait pou amorcer le cinquième et dernier "coup" de ce film: la couleur.

Vincente Minnelli n'est pas seulement le metteur en scène le plus élégant de tout les temps: il est aussi le meilleur coloriste qu'Hollywood ait jamais eu et si ce film a autant de classe il le doit en grande partie à son technicolor. Je trouve au technicolor une beauté, un charme, supérieur à toutes les autres techniques: quand je vais voir un film je ne fait pas de son réalisme un critère de qualité: ça n'a rien à voir selon moi, et je ne trouve pas du tout le technicolor comme un accessoire "kitch", pas dans l'absolu en tout cas. Et avec Minnelli, ce n'est jamais kitch, ce n'est jamais vulgaire, ce n'est jamais fatigant pour les yeux: c'est toujours sublime. Or dans ce film on touche à un must à ce niveau: aux couleurs "ensoleillées" de l'été, pleines de jaune, de vert et de rose, succèderont les effrayants orangés et noirs d'Halloween, puis enfin les nocturnes et hivernaux bleus et blancs de l'hiver, le tout dans une maison à forte dominante rouge. La couleur ne s'arrête pas à ça: elle s'unit à la luminosité pour proposer des scènes d'un autre monde, d'une poésie hors du commun. C'est particulièrement remarquable sur la scène ou Judy Garland chante "Have yourself a merry little Christmas" suivie du massacre des bonshommes de neige mais c'est surtout dans cette scène magie pure, d'un romantisme plus délicieux que délicieux, où les lumière sont éteintes petit à petit qu'on remarque le mieux cette association...

Pour toutes ces raisons Le Chant du Missouri fait selon moi partie des chefs d'oeuvre du cinéma: un film à découvrir et à voir sans modération. Un enchantement pareil ça ne se loupe pas...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 16 Sep 2015 - 20:07

Ça fait envie... J'aime les "feel good movies" qui sont beaucoup moins frivoles qu'ils en ont l'air de prime abord.

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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 16 Sep 2015 - 20:26

Dans le genre le maître incontestable est Douglas Sirk: travaillant pour la Columbia (qui, au moment où la RKO mourait, voulait "faire sa place" aux côtés des quatre majors "survivants" [Warner, Twenty Century Fox, Paramount et bien sûr MGM] en misant sur les gros moyens et le discours social zéro [dans le genre et malgré son pouvoir et sa puissance, la MGM, dont faisait partie Minnelli, était beaucoup moins regardante et a laissé passer des chefs d'oeuvre subversifs à l'image des dessins animés de Tex Avery]) il se trouvait face à des producteurs réacs et stupides qui exigeaient des mélodrames en couleur avec un happy end. Alors il respectait ce crédo à la lettre...mais il s'arrangeait pour que rien ne soit claire et que l'amertume gagne le public après chaque film. Deux exemples que je recommande: Tout ce que le ciel permet et surtout Ecrit sur du vent (les deux ont Rock Hudson comme personnage masculin principal, comme par hasard...)...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Lun 21 Sep 2015 - 13:17

La Rumeur




C'est en 1961 que William Wyler, sortant du succès phénoménal de Ben Hur, réalise ce film aux sujets si délicats dont le traitement, s'il peut paraître vieillot aujourd'hui, pas assez "osé", est à mon avis et au-contraire une merveille car il cache son audace derrière sa pudeur et son classicisme maîtrisé à la perfection dans le plus grand et le plus "classe" des majors: la MGM.

La progression dramatique de ce film est d'une efficacité diabolique, d'autant plus que le début est d'une banalité absolue qui pourrait facilement rebuter si elle n'était pas accompagnée par une mise en scène parfaite, une photographie sublime et des actrices à la fois magnifiques et totalement imprégnées de leurs personnages (j'y reviendrai). L'histoire, la voici: dans l'Amérique profonde, Martha et Karen, deux amies de longue date, ont ouvert depuis un an une école pour filles et elles commencent doucement à voir le bout de leurs ennuis financiers. Appréciées des élèves et des parents, elles sont les enseignantes modèles et bienveillantes qu'on aurait aimé avoir eues tout le temps dans notre enfance... Bien sûr ce n'est pas totalement parfait: Karen vient de se fiancer au docteur Joe Cardin ce qui inquiète et énerve Martha qui, malgré la sympathie qu'elle éprouve pour le bon docteur, a peur de perdre sa meilleure amie et de voir l'école s'arrêter (bien que Karen la rassure sur ces deux points); et surtout la tante de Martha, qui les aide certes un peu dans le quotidien, vit à leurs crochets et ne pense qu'à relancer sa carrière d'actrice. Mais le vrai problème va venir d'une élève infernale, mythomane et menteuse, pourrie-gâtée par sa grand-mère qui, pour se venger d'une punition tout à fait méritée, va faire courir une rumeur impardonnable dans cette Amérique puritaine: les deux jeunes femmes entretiendraient une relation homosexuelle...
A-partir de là le film s'emballe et change du tout au tout: l'école se vide d'un coup sans que les deux héroïnes n'y comprennent rien, l'horrible gamine, reconvertie maîtresse-chanteuse, maintient ses accusations et malgré le soutient du docteur Cardin (le seul à ne pas croire la rumeur), la rumeur fait son chemin, l'école est ruinée et les deux amies vivent en parias, ne sachant plus à quel saint se vouer. Car au bout d'un moment même Joe, qui aura perdu son travail pour oser être fiancé à une lesbienne (même si ce mot n'est jamais utilisé dans le film, pas plus qu'"homosexuel") finira par douter malgré lui ce qui terminera sa relation avec Karen: la rumeur a détruit deux vies: ces jeunes femmes ne peuvent plus compter sur personne. Heureusement la vérité finira par éclater: l'horrible menteuse sera démasquée et les deux héroïnes seront "réhabilitées"...

Mais tout se complique alors: car en même temps que cette heureuse fin point à l'horizon la question du fondement de cette rumeur s'insinue comme un poison dans l'esprit même des deux héroïnes. La question n'est pas de savoir si elles ont eu une relation sexuelle: en 1961 le code Hays sévit encore à Hollywood et on sait avec certitude qu'elles ne se sont jamais touchées. Non: la question est plus intime, plus profonde, repose sur les non-dits et le pouvoir de suggestion que Wyler réussit à insuffler dans son film, ce qui permet des interprétations bien différentes selon les ressentis. Dans la dernière demi-heure l'émotion devient paroxystique: les sombres et somptueux noirs et blanc de cette école abandonnée font écho à la culpabilité de Martha qui avoue son amour à Karen dans une scène déchirante d'une intensité exceptionnelle. Rongée par le chagrin, dévorée par le remords, sa réhabilitation aux yeux de la société ne la sauvera pas...
Mais si les sentiments de Martha sont à peu près clairs, ceux de Karen le sont beaucoup moins et prêtent à beaucoup d'exégèses (si vous permettez un mot aussi religieux pour désigner une relation que la Bible qualifie d'"abomination"...). Peut-être notre regard d'aujourd'hui est-il plus ouvert à ce genre de choses que celui de jadis mais des scènes existent qui délicatement suggèrent que l'amour de Martha n'est peut-être pas à sens unique (scènes dont à mon avis la délicatesse et la pudeur exaltent l'intensité, comme si, en nous cachant les épines, seuls les pétales de la rose nous caressaient l'esprit, permettant de mieux savourer son parfum)... D'abord il y a la manière dont Karen romp d'avec Joe: elle semble vraiment le forcer à reconnaître ses doutes et le pauvre homme semble complètement perdu et avouer contraint et forcé. De plus, une scène finale typiquement hollywoodienne est suggérée par le cadrage, qui verrait le couple se remettre ensemble...or Wyler refuse délibérément cet écueil et ne fait même pas tourner la tête à Karen qui s'en va sans un regard pour personne, la tête haute... Ensuite il y a la réaction de Karen aux aveux de Martha: derrière une négation apparente, jamais elle n'envisage de se séparer de son amie et lui demande de venir avec elle pour recommencer leur vie. C'st directement après ces aveux que la grand-mère de la petite morveuse (aussi  détestable qu'elle) vient s'excuser et annoncer que l'honneur des deux institutrices sera lavé avec dommages et intérêts, or Karen ne va pas l'annoncer en courant à Martha ni n'esquisse le plus petit signe de joie ni même de soulagement, au-contraire: elle la congédie séance tenante et reste dans l'entrée, sans mot dire, aussi perturbée qu'avant...

Ces scènes, bien sûr, ne seraient pas mémorables si elles n'étaient servies par un jeu et une réalisation phénoménales: aussi reconnaît-on parfaitement l'élégance typique de la MGM dans les costumes, les décors et certains mouvements de caméra. La puissance des images est au service de l'émotion: la grand-mère et la petite peste sont prises en pleine lumière les rendant particulièrement têtes à claques, impression renforcée par les nombreux gros plans sur leurs têtes blanches aux yeux bleus, où ne transpire aucune nuance ni pitié... Les deux héroïnes en-revanche sont construites sur des contrastes permanents de lumière que ce soit dans le décor où elles évoluent que dans leurs visages. Le paroxysme à ce niveau est probablement cette terrible scène où Karen découvre le cadavre de Martha: l'ombre géante des pieds de Martha pendue d'un côté, la silhouette gracile de Karen recroquevillée et sanglotant de l'autre: c'est très court mais ça en jette comme pas autorisé: quand on le voit une fois on ne l'oublie pas...
Parlons maintenant des acteurs: Fay Bainter, Miriam Hopkins et James Garner sont parfaits en personnages secondaires, les gamines principales sont magnifiques l'une de vilénie l'autre d'effroi "vrai" et brut, mais comme de bien entendu ce sont les deux actrices principales qui éclaboussent l'écran: Shirley MacLaine interprète une Martha toute de passion et d'amour, à la fois la plus "engagée" mais aussi la plus fragile des deux. Sa sincérité est déchirante et elle brûle comme le feu du volcan: trop ardente pour ne pas s'éteindre prématurément... A-côté d'elle Audrey Hepburn est une Karen très douce, très sobre, qui s'abandonne plus facilement mais qui dégage une très grande force au service d'une sensibilité bouleversante. L'actrice donne à son personnage toute sa grâce, sa beauté et sa classe inégalable...

Merveilleux film qui ensorcèle aussi lentement que sûrement, il se voit et se revoit sans lassitude aucune: on a beau parfaitement savoir ce qui va se passer et quand ça va se passer on a toujours autant envie de boxer cette affreuse gamine, d'arracher la tête de cette immonde grand-mère et de hurler aux héroïnes qu'on est avec elles... Son classicisme et sa quasi-austérité apparente cachent un double propos extrêmement osé tant sur les ravages de la rumeur que sur l'homosexualité, propos que sa pudeur décuple et empêche paradoxalement de mal vieillir (reproche que j'ai tendance à faire à Ben Hur du même réalisateur): un joyau pur comme un diamant, fragile comme une rose, émouvant comme une larme...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Lun 21 Sep 2015 - 15:17

Je prends bonne note je ne connaissais ce film-ci de WYLER...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Lun 21 Sep 2015 - 16:29

Tu me donnes furieusement envie de le voir.... Et comme j'ai près de chez moi un club vidéo qui garde et loue encore un tas de vieux films (une rareté de nos jours), je vais essayer de mettre la main dessus ou alors de le trouver sur le net (mais avec ma connexion d'escargot, c'est pas gagné...)

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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 3:18

Quelques images pour vous mettre (je l'espère) encore plus l'eau à la bouche...








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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 10:08

Franchement, ça me tente bien surtout qu'un des thèmes abordés me touche particulièrement. Il va falloir que je le trouve sur internet ou fouille sur le service vidéo à la demande.

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 11:39

Oh Sudena voilà un film qui me donne un attrait à la découverte , il ne peut qu'être bien , je ne connaissais pas avant que tu en fasses part . Voilà un sujet intéréssant et qui mérite d'être regardé . Je pense qu'il est possible de le trouver sur internet . Je vais faire des recherches.

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Fière et hagarde , elle les charme tous sur son passage , car les yeux de glace sont seigneurs de son âme.
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 11:45

Mets-moi au jus si tu le trouves stp ! Wink

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 12:08

Il est j'en suis sûr disponible sur Amazon à un prix très raisonnable (il m'a coûté une dizaine d'euros frais de ports inclus) et je le pense aussi disponible à la fnac et sur pricemister...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 12:08

Il est j'en suis sûr disponible sur Amazon à un prix très raisonnable (il m'a coûté une dizaine d'euros frais de ports inclus) et je le pense aussi disponible à la fnac et sur pricemister...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 22 Sep 2015 - 15:36

C'est noté...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 30 Sep 2015 - 4:17

L'Impossible Monsieur Bébé



Howard Hawks fait partie de ces cinéastes énervants qui n'inventent rien (ni concept, ni genre, ni plans...) mais qui ont la sale manie de faire tout mieux que les autres... En tant que spectateur ce genre de cinéaste est un puits merveilleux car lorsque nous essayons de voir un canon (un ensemble de "films-étalons") dans n'importe quel genre connu et reconnu il y a pratiquement toujours un de ses films dans la liste... Hawks est principalement connu pour avoir apporté un "must" au peplum (La Terre des pharaons), au film de gangsters (Scarface) et bien sûr au western (Rio Bravo). Mais il y a un autre genre auquel son nom est à-jamais raccroché: la comédie.

C'est en 1938, à la RKO, qu'il fait son premier essai dans ce genre "glissant" et dangereux... Et combien d'autres cinéastes spécialisés dans ce genre se sont arraché les cheveux en voyant le résultat: en un seul film, Hawks avait réussi à faire LA comédie par excellence, ou plutôt la "screwball-comedy" par excellence. Ce genre typiquement américain trouve avec
L'Impossible Monsieur Bébé une espèce d'aboutissement absolu qui n'a par la suite quasiment jamais été égalé ailleurs que dans les dessins-animés de Tex Avery... Son principe est simple: on commence à fond, et on n'arrête pas d'accélérer. Mais, comme on s'en doute, ce principe est aussi simple en théorie que difficile en pratique: comment faire un film sans pause, perpétuellement drôle, sans jamais être ni lassant, ni vulgaire, ni que le scénario nous échappe? Et Hawks trouve à ces questions des réponses qu'il nous restitue sans vergogne, dans son style "direct" reconnaissable, avec la caméra à hauteur d'homme cachant en fait une maîtrise impeccable des plans et de l'espace. Ce style "direct" contribue d'ailleurs à rendre ce film "humain" et à fixer notre attention qui aurait sinon facilement pu se lasser de l'effort perpétuel demandé pour suivre l'action... Ce pont va nous permettre d'aborder la première question à laquelle répond L'Impossible Monsieur Bébé:

Comment faire un film sans pause?
-en faisant en sorte que chaque action en entraîne directement une autre, et ce de manière souvent urgente pour que les personnages ne puissent pas prendre le temps de réfléchir longtemps. Hawks met ainsi dans son film un impératif de temps (Carry Grant n'a que quelques jours pour réaliser tous ses plans, et souvent pas plus de quelques minutes pour répondre à un imprévu), et lorsque l'action se passe dans des lieux plus calmes comme une maison de campagne ou un commissariat les temps de pause obligatoire sons occupés par l'amorce d'un gag à venir (anticiper les réaction d'un personnage est toujours un plaisir dans une comédie) pour finir en feu d'artifice où toutes les intrigues vont devoir se conclure simultanémant...et en se heurtant les unes les autres. De plus le film est perpétuellement "porté" par le frénétique personnage de Katharine Hepburn qui lui imprime son énergie que Carry Grant suit et "décale" à la perfection

Comment faire un film perpétuellement drôle?
-en opposant des caractères totalement opposés et "absolus". Aussi
L'Impossible Monsieur Bébé prend le parti délibéré d'accepter sa propre folie: aucun personnage (à l'exception du seul psy [serait-ce délibéré?..]) n'est véritablement sain d'esprit. Carry Grant est ainsi un anthropologue totalement coincé qui vit pour son travail et qui va se découvrir lui-même en essayant de rattraper les bourdes de Katharine Hepburn qui, elle, est totalement à l'opposé: personnage dont l'égocentrisme est complet et absolu au point d'en devenir délicieux (mais oui!) elle va vivre avec la conviction profonde que celui de Carry Grant est amoureux d'elle...et elle ne va pas en décrocher. Ce retour à une passion enfantine presque animale va parfaitement bien au bestiaire du film qui est l'un des plus riches jamais vus: Monsieur Bébé est un léopard apprivoisé et adorable, et nous avons aussi droit à George le chien et à un autre léopard, complètement sauvage. Les personnages secondaires sont juste un peu moins "allumés": un alcoolo, un chasseur qui rebat toujours ses exploits passés, une vieille tante qui ne s'intéresse qu'à ce qui lui plait: la liste est longue et les enchaînements sont merveilleusement fluides et à-propos...

Comment ce film peut-il n'être jamais lassant?
-nous avons répondu en partie à cette question: les scènes et séquences s'enchaînent avec une fluidité sans pareille et la variété des personnages et situations permettent aux gags de ne jamais se répéter (ou sinon de façon totalement volontaire), ce qui fait que nous sommes toujours en quête de surprise. De plus le personnage de Katharine Hepburn est toujours imprévisible et comme elle est toujours le personnage "agissant" (alors que Carry Grant est, lui, toujours dans la "réaction") on ignore jusqu'à la dernière seconde comment elle va nous faire hurler de rire (on sait qu'elle le fera, mais pas comment...): l'intérêt est de ce fait toujours tenu en éveil. Néanmoins il est vrai que ce film exige une écoute dans de bonnes conditions et une certaine réserve d'énergie: il ne peut pas être écouté n'importe quand ni n'importe comment, ce qui est effectivement une contrainte pour le spectateur (il suffit juste de le savoir)

Comment ce film peut-il ne jamais être vulgaire?
-parce que la vulgarité est dichotomique de l'intelligence, or ce film est une merveille d'intelligence fine et subversive... Sans aucun discours social il nous montre des personnages qui se cherchent sans le savoir et qui vont se trouver au sens strict du terme par l'intermédiaire d'un animal. Aussi est-il nécessaire de bien souligner l'importance des animaux: c'est grâce à Bébé que Susan embarquera pour de bon David dans son délire, et c'est lorsque George volera l'os de David que pour le première fois elle tentera de l'aider, avant de capturer par erreur un léopard sauvage et de le traîner jusqu'au commissariat. De même David considèrera rapidement Bébé comme inoffensif, il suivra George comme un congénère pour retrouver son os et il réussira finalement à enfermer le léopard sauvage. Tout au long du film nous assistons à une mutation discrète des deux personnages principaux: Carry Grant, archétype de l'homo economicus, se laissera aller et finira par aimer Katharine Hepburn, archétype, elle, de l'homo erectus, laquelle arrivera à dominer (un peu) son égocentrisme. Une histoire de recherche de l'autre et d'amour naissant en critiquant les deux extrêmes sociétaux (le respect scrupuleux du savoir-vivre et le je-m'en-foutisme complet), porté par deux acteurs légendaires au sommet de leur forme, ça vous paraît vulgaire? Ne sous-estimons jamais la portée intellectuelle de la plus délirante des comédies: nous risquerions d'être surpris...

Comment rester toujours maître de son scénario?
-cette dernière question est peut-être la plus subjective car il n'y a pas de marqueur objectif parfaitement reconnaissable pour y répondre: il s'agit d'une impression liée à des milliers de détails infimes qui combinés font son évidence. Mais dans
L'Impossible Monsieur Bébé l'évidence est bien là, elle "transpire" dans chaque image, dans chaque séquence: la maîtrise des plans et leur hauteur "humaine", l'alternance des gags, le découpage parfait apportant cette plus-value de "fraicheur", l'utilisation idéale des séquences animalières. Mais il y a deux temps très mémorables qui concernent chacun un personnage et qui "marque" de façon très visible leur évolution: le premier est ce moment d'anthologie où Carry Grant, assis sur une marche de l'escalier et habillé simplement d'un peignoir pour femme, se résigne à son sort et ne réagit même plus aux excentricités de Katharine Hepburn: pour la première fois il renonce à "paraître" et accepte de subir l'action docilement, sans s'échapper (conscient qu'il n'y arriverait pas). Le deuxième se situe plus loin dans le film, lorsque Katharine Hepburn se met à pleurer comme une gosse, dans la forêt, consciente de l'énervement de Carry Grant: c'est la première fois qu'elle pense que quelqu'un d'autre qu'elle existe et qu'elle doit en tenir compte... Ces deux temps n'arrivent pas par hasard: ils découlent d'une "usure" et prouvent que Hawks sait parfaitement "où il se trouve" et où il veut en venir...

Mais derrière toutes ces raisons "objectivables" il y a le bonheur perpétuel de regarder ce film délirant, il y a ce fou-rire qui commence au bout de deux minutes et ne cesse d'augmenter jusqu'à la scène finale, il y a ce duo légendaire Katharine Hepburn/Carry Grant qui livre ici sa plus phénoménale démonstration, il y a ces moments d'anthologie dont le simple souvenir ferait se réveiller un suicidé, il y a ce magnifique et adorable léopard: il y a la plénitude de la pureté incarnée de la screwball-comedy. Jubilatoire! Exceptionnel!

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 17 Nov 2015 - 13:50

2046



En dépit de ce que peut faire croire son titre, il ne s'agit pas à proprement parler d'un film de science-fiction, encore que... Mais les androïdes divers jonchent ce chef d'oeuvre de Wong Kar-Waï, en métaphore de beautés que le personnage principal désire...tout en restant prisonnier de son passé. Les androïdes sont ici des symboles de regrets et de tentatives vaines de reconstruction: images futuristes, ils appartiennent pourtant au passé de l'inconscient... Voici ce que j'ai bafouillé environ une demi-heure après avoir vu pour la première fois ce film unique:
 
 
 
 
Pour oublier il faut savoir
Pour savoir il faut bien du temps,
Mais que peut-on face aux tourments?..
Quand l'amour s'en va pour de bon
Et laisse sous nos apparences
Ce vide et cette chute immense...


Il se réfugia dans son rêve,
S'abandonna à ses plaisirs:
Les femmes devinrent fantasmes
Androïdes froids et sublimes
Dont il rêvait désespéré,
Et la chaleur de leurs appâts
Ne pouvait atteindre son âme...


Prisonnier des rêves passés
Il refusa l'amour si pur
D'une déesse de passion
Et sombra sans se retourner
Dans la nuit noire du Tartare...




La suite de son livre était faite d'étoiles
Mais il ne put jamais tourner une autre page,
Cette page où brillait la lumière du jour:
Il referma son livre et devint un fantôme
Errant à tout jamais dans ce train sans retour
Où même les robots ne veulent plus de lui...

*** Lady Oscar Lady Oscar ***

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 24 Nov 2015 - 20:49

Top Hat



Comment expliquer le miracle d'un film? Comment penser que ce vaudeville réalisé par Mark Sandrich à la RKO, daté de 1935, si suprêmement léger et si merveilleusement irréaliste puisse enchanter à ce point-là? Les mystères du cinéma sont parfois trop compliqués et en même temps trop évidents pour trouver une réponse développée. Disons seulement que ce film est magique parce qu'il est magique: qu'il donne une idée de la pureté du cinéma de jadis, sans prise de tête mais une magique évidence devant laquelle toute critique mesquine fond en deux secondes, terrassée par le simple bonheur optimiste de partir un temps dans un autre monde où tout devient possible. Or, après tout, n'est-ce pas le rôle premier de tout art?..

Top Hat se présente comme ceci: un célèbre danseur en tournée en Angleterre avec son manager (qui est aussi son ami) tombe amoureux d'un top model qui est elle-même l'amie de la femme du manager. Suite à un malentendu (elle croit qu'il est en fait le mari de son amie), leur idylle tourne court et le manager, qui croit à un complot contre son ami, diligente son majordome pour espionner la jeune femme laquelle part à Venise retrouver la femme du manager. Or celle-ci attend justement son mari et le danseur (qu'elle connait depuis longtemps), qu'elle a bien l'intention de lui présenter, sentant que ça pourrait "coller"; et tout ce petit monde va se retrouver dans un maelström de quiproquos qui déboucheront forcément sur une issue jubilatoire...
Un métier de scène, un vaudeville, la RKO, les années '30: tout est réuni pour donner un genre, un acteur, un duo... Nous sommes en-effet dans le premier âge d'or de la comédie musicale, et la RKO a ce qui se fait de mieux au monde dans le genre: Fred Astaire. Ce n'est pas sa première ni sa dernière association avec Ginger Rogers, mais peut-être sa plus connue et sa plus typique. On sait aujourd'hui que ce couple inséparable à l'écran se détestait cordialement dans la vie, et l'attitude de Ginger Rogers pendant le maccarthysme a de quoi faire vomir, mais là n'est pas le sujet, là n'est pas le propos: ici nous avons une bombe de charme associée et donnant la réplique à la définition par-excellence de la Classe, probablement le meilleur danseur qu'Hollywood ait jamais vu... Avec Fred Astaire on ne sait jamais à quel moment s'arrête le pas naturel et où commence la chorégraphie, de même qu'on ne sait pas où finit la naïveté et où commence l'ironie: avec lui tout est mêlé, tout est harmonie, tout est élégance. Aussi, étrangement, les décors totalement irréalistes, où nous voyons parfaitement qu'il s'agit d'une reconstitution en studio, collent-ils à merveille à l'ensemble: Venise devient une scène magique destinée aux danseurs...et aux comiques. Car dans Top Hat les gags sont nombreux et "appuyés": ils frétillent de classe mais n'épargnent personne...et certainement pas la haute société, dépeinte dans toute sa suffisance et ses clichés. Dialogues de sourds, quiproquos permanents, répliques qui "tuent": nous sommes dans une pure merveille comique et quand nous en arrivons à l'intimité des sentiments ou juste à leur évocation un tantinet sincère la danse et les chansons reprennent le dessus. Ca a l'air simple. Ca l'est. Mais le dosage est tellement parfait qu'il donne à chaque fois envie de danser, envie de rire, envie d'être heureux...

Top Hat est un film qui justifie pleinement son titre de "comédie musicale". Il est l'image d'une certaine idée du cinéma, d'une certaine idée de la classe et de la simplicité: il est LE film de Fred et Ginger, et ses airs sont encore aujourd'hui inscrits dans l'inconscient collectif. On cherche encore aujourd'hui le digne successeur de Fred Astaire. En vain...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 9 Déc 2015 - 23:41

La Vie est Belle


Comment ne pas tomber littéralement sous le charme de cette merveille du maître Frank Capra?.. Le film de noël par-excellence, qui a traversé les années et qui continuera à les traverser, étalon et absolu de tout un genre dont la naïveté est un code à accepter (il est aussi respectable que le misérabilisme dans les films sociaux...), servi par une photographie sublime, un jeu d'acteurs impeccable (de James Stewart à Lionel Barrymore, en passant par la délicieuse Donna Reed et le maladroit et au-combien touchant Thomas Mitchell, sans parler du ventripotent et désopilant Henry Travers), une réalisation sans faille aucune, un rythme maitrisé à la perfection...
La féérie du début n'est néanmoins qu'apparente: dès la première scène nous savons que le personnage principal est sur le point de se suicider, et les deux tiers du film vont nous montrer comment cet homme si aimé, si gentil, va être amené à ce désir d'autodestruction. Ainsi l'équilibre est d'emblée l'une des caractéristiques de ce film: la comédie côtoie le drame en permanence, aucune scène optimiste ne l'est totalement, aucune scène tragique non-plus. Des exemples? la scène du bal de promo avec le plongeon collectif la piscine suivie d'un flirt à croquer entre les deux personnages principaux se termine brutalement par l'annonce du décès du père du héros... A-contrario, la scène des retrouvailles des deux tourtereaux, très dure et remplie de malaise sinon de violence, se termine en apothéose sur un baiser passionné et un mariage... Rien n'est totalement blanc ni totalement noir, le personnage principal, malgré sa gentillesse et sa bonté, se sent à l'étroit et prisonnier d'une vie médiocre à laquelle il rêverait d'échapper. Dans l'ombre, le maléfique Lionel Barrymore joue sur les doutes et les mesquineries pur assouvir son désir de pouvoir...

 Ce film semble en fait sorti de l'imagination de Dickens, avec son ambiance à la fois féérique et noire, son propos qui flirte du côté du glauque, de plus en plus au fil du film...jusqu'à la fatidique journée...
 A ce moment-là le film bascule totalement dans le pessimisme, enchaine les scènes dures et les voies sans issues, le personnage principal se perd corps, cœurs et biens, noël ne veut plus rien dire du tout: la vie "réelle" a gagné, James Stewart va se suicider...et c'est là qu'intervient Clarence, l'ange ventripotent porté sur la boisson qui va, par l'exemple, prouver au héros la valeur de sa vie et l'utilité de ses actions...
A-partir de là le film opère un changement que tout le monde connaît. Je ne spoilie pas beaucoup en disant qu'il bénéficie d'un happy-end: tout le monde sait ça, tout le monde l'a dit, et son efficacité est peut-être la plus connue au monde... Mais POURQUOI? La question qui m'a tarabiscoté depuis que je l'ai vu, puis revu, puis re-revu, était celle-ci: POURQUOI cette fin est-elle aussi puissante, aussi prenante, aussi euphorisante et ne perd-elle pas d'un iota sa magie après les multiples revoyures?.. Et à force d'y réfléchir, je pense que j'ai finalement compris...

Le secret de La Vie est Belle, c'est que la joie est distillée en deux temps: il y a d'abord la joie de George Bailey d'être en vie, d'exister malgré ses déboires, juste après la leçon de l'ange. Sa course enflammée à-travers la ville, ponctuée d'apostrophes joyeuses qu'il distille alentours comme autant de cris de joie, fait renaître le sourire chez le spectateur. Mais c'est un sourire empli d'amertume sinon de tristesse: le héros va être enfermé, son entreprise va couler, et le méchant aura sa victoire, acquise grâce à un vol; d'ailleurs les huissiers sont là, qui viennent le chercher devant sa femme et ses enfants: au moins a-t-il appris que sa vie n'a pas été vaine, et qu'elle était belle... Et c'est là, directement enchaîné, qu'intervient le deuxième temps: toutes les actions passées du héros, toute sa générosité, toute sa gentillesse, reviennent à lui et non-seulement le sauvent mais font de lui l'homme le plus riche de la ville, au milieu de la joie partagée par tous pour le plus merveilleux des noëls... Ce n'est pas un miracle "gratuit" venu d'une intervention divine, tout au-contraire: l'ange n'est intervenu que pour l'empêcher de commettre l'irréparable: c'est George Bailey lui-même qui a créé ce triomphe, qui a aidé des gens qui le méritaient et qui lui prouvent leur reconnaissance au moment où, précisément, il a besoin d'eux. C'est une formidable leçon d'humanisme que nous offre Frank Capra: croyez toujours en vous car quelqu'un sera toujours là pour vous aider quand vous en aurez le plus besoin. Fraternité, joie, amour et solidarité triompheront de la tristesse (bien réelle, jamais le réalisateur ne l'occulte...) de l'ordinaire et pourront soulever des montagnes et créer des miracles. Oui: LE VIE EST BELLE! Jamais film ne l'a mieux illustré, jamais l'esprit de noël ne fut mieux exalté, car c'est simple sans être niais, optimiste mais jamais béat, car c'est un chef d'oeuvre intemporel et immortel qui jamais ne pourra me lasser...

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Jeu 10 Déc 2015 - 23:28

Ah! C'est mon film de Noël PRÉFÉRÉ! Je l'ai en VHS en VF mais je l'ai déjà loué quelquefois en VO aussi.
 James Stewart est un amour... I love you I love you I love you et je suis tout à fait d'accord avec toi en ce qui concerne la fin.

J'avais par ailleurs vu  que les critiques de l'époque reprochaient à Capra d'avoir évité au méchant une juste punition pour son mauvais tour. Nous sommes au cinéma américain hein: les bons gagnent toujours (dans un film de Noël, c'est bien le moins) mais les méchants devraient toujours payer pour leurs fautes. Capra laisse le sort du méchant de côté ce qui n'aurait pas plu à l'époque. C'est vrai que cette "ficelle"-là n'est pas attachée mais je m'en fout, j'adore ce film et je me fait un devoir de le revoir tous les ans à cette période!

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Sudena
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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mar 5 Avr 2016 - 22:57

Mulholland Drive





Oh nom de nom quelle prise de tête!.. Dix jours après l'avoir vu je ne comprend toujours pas le fin mot de ce film absolument, totalement, à 100% "lynchéen"... Je sais ce que tout le monde dit et qui m'avait semblé assez clair à première vue, que les deux premiers tiers de l'action (voire les trois quarts: pas fait le calcul...) ne sont qu'un rêve et que la dernière partie est la réalité... Mais au bout de deux minutes je me suis mis à douter et aujourd'hui je suis assez sûr que c'est en fait beaucoup moins facile que ça. J'y reviendrai...
Une chose est certaine: j'ai été envoûté et hypnotisé par la beauté de ces images, de cette musique, de cette histoire irracontable mais dans laquelle l'émotion est patente. Il faut dire que j'aime beaucoup le style de David Lynch et que j'accepte donc volontiers cet univers à la fois onirique et terrifiant, pouvant passer de l'émotion pure au fou-rire le plus méchant avec une recherche esthétique de chaque instant confinant souvent à un certain maniérisme que son audace pardonne, comme les instants de morbidité putride ou de sensualité purement métaphysique n'ont jamais rien de pornographique en s'intégrant dans l'ensemble comme les solistes audacieux d'une symphonie dont la dissonance est peut-être la plus belle harmonie... La beauté et le jeu de Naomi Watts et Laura Harring résument et justifient à eux tout seuls ce film d'où on peut dégager peut-être juste deux constantes indiscutables, voire à l'extrême rigueur trois: l'action se passe à Hollywood et les deux personnages principaux sont amants (ou l'étaient, ou le deviennent: on n'en sait rien...); à la rigueur on peut dire qu'une grande violence est archi-présente...mais on ne sait pas bien où elle se trouve. L'explication la plus couramment donnée est qu'elle fait partie du personnages de Naomi Watts (je ne dirai pas son nom: d'une partie à l'autre les noms changent...) et qu'elle se laissera entraîner par elle au point de souhaiter (d'obtenir? ça c'est tout sauf sûr, même pour ceux qui considèrent cette partie comme la "réalité"...) la mort de son amante avant de...mais où est-ce que je vais moi? Je n'y crois pas! ce sont des sornettes! Comment pourrait-elle rêver de choses qu'elle ne connaît même pas et dont elle n'est même pas actrice? Pourquoi ce monstre hante-t-il les deux parties de la même façon? Quel crédit donner aux visions sorties manifestement d'un délire? Et cette boite bleue, l'objet le plus important du film, est présent tout le temps lui-aussi, qu'en fait-on? Allons! ce n'est pas parce que c'est plus "sale" et plus pessimiste que c'est la réalité!..
Alors qu'est-ce? Et surtout que fait le personnage du cinéaste? Je pourrais m'attarder sur ses scènes absolument fascinantes (et qui "échappent" aux deux personnages principaux, notons-le...) mais selon moi ce personnage est un peu à-part...et il ressemble (dans une certaine mesure) à David Lynch lui-même, exerçant son métier et se montrant avec beaucoup d'humour et d'auto-dérision: ce sont des scènes "à part" qui rentrent dans la logique de chaque histoire mais avec une espèce de volonté "décalée" et propre le rendant pour chacune inaccessible...
Et je vais oser le coup et dire que, pour moi, la seule scène "vraie" de ce film est...la plus irréaliste en apparence: celle du théâtre où, sont les yeux d'une mystérieuse femme dominant les loges (qui conclura le film en signant son clap final), Laura Harring et Naomi Watts écoutent en pleurant ce spectacle où "tout n'est qu'illusion", et ce juste après avoir fait l'amour pour la première fois... Car c'est là que le récit "bascule", que la boite bleue est ouverte et que le film change du tout au tout. Pour moi ce basculement n'est pas la fin du rêve et le début de la réalité mais (je suis peut-être un optimiste, peut-être un intello invétéré, qu'importe...) le passage d'un rêve à l'autre: à l'espoir de celui de Naomi Watts succède la peur de celui de Laura Harring (les deux, dans le leur, se voient [relativement] heureuses mais ont peur de ne pouvoir être là quand leur amante en aura besoin et révèlent ainsi les failles qu'on voit toujours mieux chez l'autre); leur couple, embarqué dans l'espoir tourmenté et mafieux d'Hollywood survivra-t-il? leurs larmes montrent qu'elles doutent mais leurs mains serrées donnent de l'espoir... Alors "silencio..." comme dit la dame de la loge dans l'ultime image: ce film se prête à toutes les interprétations, et je suis certain que personne ne détiendra LA vérité: le prétendre serait injurier le travail d'orfèvre de l'inimitable David Lynch, père de tant de perles "inclassables" et qui dans ce film se rapproche énormément de sa seule oeuvre télévisuelle: Twin Peaks. Mystérieux, "planeur", opaque jusqu'à en être incompréhensible, Mulholland Drive est un film d'esthète et d'intellectuel mais il réussit à n'être jamais "lourd" et il est d'une sensibilité (donc d'une humanité) aussi étrange que débordante qui le rend en fin de compte profondément émouvant jusque dans ses parties les plus délirantes... Unique!

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MessageSujet: Re: Les film qui vous font rêver !   Mer 6 Avr 2016 - 17:56

Moi non plus je n'ai jamais rien compris à ce film, je cherche désespérément le décodeur

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Merci Aurore pour ce merveilleux kit
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