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 Dernier adieu par Emilie

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Nicole
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MessageSujet: Dernier adieu par Emilie   Lun 4 Déc 2017 - 10:17

"Dernier adieu"




par Emilie





_ « NNOONNNN !!!!! »

Sous le poids du chagrin, écrasant, la jeune femme blonde tomba à genoux et le hurlement se termina en sanglot. Plus rien ne bougeait sur la grande Place Parisienne, en ce crépuscule du 13 Juillet 1789. Tous la regardaient, si seule, à côté du corps immobile de l’homme qu’elle aimait plus que sa vie. Au bout de quelques minutes, Alain se décida à faire quelque chose. La peine lui enserrait le cœur, mais il se devait d’intervenir en faveur de son colonel. Il s’approcha d’elle et lui posa une main réconfortante sur l’épaule. Sans lever la tête, Oscar murmura d’une voix étouffée :

-« Laissez-moi »

Mais Alain n’en fit rien. Il s’accroupit en face d’elle, et posa sa seconde main sur son épaule.

-« Colonel, je vous en prie »

Elle leva alors des yeux baignés de larmes sur lui et la tristesse inscrite dans le regard océan le submergea. L’espace d’un instant il put lire en elle et comprit qu’elle luttait pour ne pas sombrer dans la folie.

-« Alain… »

Le désespoir inscrit dans sa voix lui fit monter les larmes aux yeux.

-« Je suis là colonel »

Sans un mot il la prit par la taille et l’aida à se relever. Mais alors Oscar ne fit rien. Elle resta là, légèrement appuyée contre lui à regarder fixement le corps d’André. Les sanglots ne la secouaient plus, elle ressemblait à une statue. C’est alors qu’une jeune femme aux cheveux châtains clairs se détacha de la foule et s’approcha d’eux les larmes ruisselants sur ses joues.

-« Je vais m’occuper d’elle, Monsieur »

Elle éloigna Oscar d’Alain et l’entraîna avec elle. Alain eu alors un sursaut de rage. Qui était-elle pour lui enlever son colonel ? De quel droit pouvait-elle l’emmener ? Alain les laissa néanmoins partir car une autre tâche, funeste, allait l’accabler.

Il devait s’occuper du corps d’André, ne serait-ce que pour épargner cette peine à son colonel.

Le camp de fortune aménagé par le restant des troupes des gardes françaises était à présent plongé dans le noir. Assis loin de ses compagnons et du feu, Alain réfléchissait. Perdu dans ses pensées, il n’entendit pas le bruit des pas sur le pavage de la place et sursauta au son de la voix :

-« Alain ?

-Colonel… »

Il se leva vivement et la regarda. L’éclair de folie qu’il avait aperçu plus tôt dans ses yeux avait disparu, laissant place à une tristesse infinie.

Brisée, seule son courage la maintien encore debout fut la pensée d’Alain. Comprenant qu’elle voulait lui demander quelque chose, il attendit.

-« Ou est André ? »

Gêné, il répondit :

-« Nous l’avons emmené.

-Je vois bien, mais où est-il ?

-Je…Je crois qu’il vaut mieux que vous ne le voyez pas. »

Le fantôme du colonel, autoritaire, se dressa alors devant lui.

-« Je veux le voir et je ne crois pas que vous soyez en mesure de me dicter ma conduite. Soit vous m’amenez vers lui, soit je demanderais à quelqu’un d’autre. »

Alain capitula alors :

-« Très bien, suivez-moi. »

Oscar lui emboîta le pas et il la conduisit vers la chapelle où reposait son amour perdu. Arrivé à la haute porte de bois, il ne pu trouver le courage de l’ouvrir. Alors, très droite, Oscar passa devant lui et s’engouffra dans l’église, laissant la porte entre-ouverte.

Ce n’est que beaucoup plus tard que, inquiété par cette absence prolongée, Alain entra doucement dans l’église. La pénombre ambiante ne l’empêcha par de localiser Oscar. Elle était devant l’autel, agenouillée auprès du corps d’André. Sa tête reposait sur la poitrine du garde française et le tableau ainsi formé dégageait un étrange sentiment de paix. Comme si les choses étaient à nouveau à leur place ; Oscar et André ensemble, Alain les observant, à l’écart. Mais le soldat ne pouvait oublier longtemps qu’un fossé sans fond séparait à présent les deux amants. La douleur transperça à nouveau Alain. Dans quels tourments son colonel était-il en train de se débattre ? Oscar prit alors la parole, coupant court à ses pensées.

-« Alain ? »

Ainsi, elle avait conscience de sa présence. Comment faisait-elle ?

-« Oui, colonel.

- Depuis combien de temps savez-vous ? »

Elle souleva sa tête et regarda le visage d’André. La gorge d’Alain se noua.

-« Je ne suis pas aussi naïve que je peux le paraître. J’ai vu que votre regard n’était pas le même que celui des autres soldats. Et André le savait aussi, mais peu lui importait. Moi, j’ai besoin de savoir. Je veux vous connaître d’avantage car ces derniers temps vous avez été plus proche d’André que moi. Vous étiez vraiment son ami, n’est-ce pas ? »

Le noble colonel tourna brièvement son visage vers Alain avant de se retourner vers le corps d’André. Ces quelques instants avaient néanmoins suffit au soldat au foulard rouge pour voir les larmes scintillantes sur les joues d’Oscar.

-« Oui, j’étais son ami. Et vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous ai détesté. Quand j’ai vu André pour la première fois, il se saoulait. Sans doute pour vous oublier. Quand il m’a demandé d’entrer aux gardes françaises, j’ai pensé que c’était pour oublier la femme qu’il aimait et qui le faisait tant souffrir. Il n’avait rien voulu me dire, mais comment me tromper sur la tristesse de ses yeux ? Ils le trahissaient comme le font les vôtres. Et puis vous êtes entrée dans le dortoir. Veuillez me pardonner, colonel, mais j’ai alors pensé que vous étiez beau à mourir. Mon cœur s’est emballé sans que je ne sache pourquoi et j’ai regardé André. Il semblait pétrifié, mais son regard brillait d’un feu que je n’avais encore jamais aperçu. Alors j’ai compris. La femme qu’il aimait, c’était vous, le colonel Oscar François de Jarjayes. Pourquoi vous portiez l’uniforme ? Je ne le savais pas. Comment il vous avait connu ? Je n’en avais pas la moindre idée. Mais il vous aimait et étiez trop belle pour être un homme. Alors je vous ai méprisé de ne pas répondre à l’amour d’un homme aussi bon qu’André. Et, paradoxalement, je ne comprenais pas pourquoi il vous aimait autant. J’ai appris à le savoir au fil du temps, à mesure que mon admiration grandissait. Que dire de plus ? »

Alain se tût avant d’en révéler trop. Il n’estimait pas avoir le droit de lui dire quels sentiments il avait développé envers elle, ne serait-ce que par respect pour l’âme d’André. Si Oscar avait un jour appartenu à quelqu’un, ce dont il doutait, c’était à André, et non à lui. Il n’avait pas à souiller la pureté de cet amour par ses sentiments naissants.

Oscar se tourna vers lui et lui sourit avec tristesse :

-« André… Vous a t’il jamais raconté par quel concours de circonstance nous avons été réunis ?

-Il était toujours très discret quand il s’agissait de vous. Seuls ses yeux parlaient d’amour.

-Ses parents sont morts dans un incendie et sa Grand-Mère, ma nourrice, l’a amené au château. Il avait cinq ans et moi quatre. L’amitié nous a vite enchaîné l’un à l’autre. Il était toujours là, à chaque instant de ma vie. Jamais avant aujourd’hui je n’ai connu le manque que provoque son absence, puisque jamais il ne m’a quitté. Je me retournais et il était là, me soutenant de son regard, m’écoutant, me permettant de rester dans les voies de l’honneur. Je ne sais pas depuis combien de temps je l’aimais. Peut-être depuis toujours. Mes premiers souvenirs remontent à son arrivée. Et jamais depuis je n’ai imaginé ma vie sans lui. Pouvez-vous comprendre ça Alain ? »

Les yeux du soldat s’agrandirent. Comprendre… Comment comprendre un sentiment aussi fort ? Il se rendait seulement compte qu’il ne pouvait même pas imaginer à quel point elle souffrait. Oscar comprit la signification de ce silence et reprit la parole :

-« Je n’ai qu’à fermer les yeux pour le voir. Comment croire qu’il n’est plus là ? Ô, Alain, vous ne l’avez jamais vu heureux. Il riait si souvent quand nous étions jeunes… Avant que mon aveuglement ne le conduise à perdre un œil et à blesser son âme. J’aurais aimé que vous le rencontriez avant que l’on me donne ma charge de capitaine. Je ne sais pas quand la tristesse a remplacé la joie en lui. Le changement a été si lent, je n’ai pas voulu le voir, préférant m’imaginer qu’André ne pouvait pas souffrir ou mourir. Comment a-t-il pu partir sans moi ? Comment est-ce possible ? J’ai toujours su que nous étions les deux cœurs d’une même personne. »

Oscar baissa les yeux et regarda le sol. Ce fut d’une voix étouffé qu’elle reprit :

-« Peut être eut il mieux valu pour lui ne jamais me connaître. Je ne lui ai apporté que du malheur. »

Le sang d’Alain se mit à bouillir dans ses veines.

-« Comment pouvez-vous dire ça colonel ? Un amour tel que vous l’avez connu mérite tous les sacrifices. Je crois qu’André n’aurait échangé sa vie contre aucune autre. Et vous vous trompez, je l’ai déjà connu heureux… Heureux d’être à vos côtés, heureux de votre bonheur. La joie brillait dans ses yeux quand il vous regardait, quand il était à vos côtés. Et comment exprimer le bonheur qui se dégageait de lui hier, quand vous êtes revenus à la caserne. Il a décidé d’être toujours à vos côtés et vous n’avez pas le droit de remettre en question la façon dont il a choisi de vivre. Croyez-moi, nombreux sont les hommes qui auraient échangé leur place contre la sienne.

-C’est moi qui ai eu de la chance de pouvoir vivre à ses côtés »

Oscar regarda Alain et il vit un océan de détresse dans ses yeux. Il n’eut plus alors qu’une envie ; la prendre dans ses bras pour ne plus voir le malheur, la serrer contre lui pour lui transmettre sa chaleur. Mais au moment où il allait s’avancer, elle se détourna. Il regarda longtemps la frêle silhouette de son colonel qui se détachait de la pénombre de l’église. En effet, un rayon de lune filtrait à travers les vitraux et venait  jouer avec  l’or de ses cheveux, la rendant presque irréelle, translucide. La voix de contre alto résonna à nouveau dans la nef, le tirant de sa contemplation :

-« Merci de m’avoir amené ici Alain, et de m’avoir écouté. Vous pouvez à présent disposer.

-Mais…Colonel…

-Je vous en prie, Alain. Permettez-moi de rester seule avec lui une dernière fois. »

Alain joignit les talons et salua son colonel de toute son âme. Puis il se dirigea d’un pas lent vers la lourde porte de bois. Alors qu’il tirait le loquet et entrebâillait les battants, il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil en arrière. Oscar était là, penchée sur André, elle resta immobile quelques instants puis, doucement, l’embrassa avec une intensité douloureuse. Alain retint son souffle, se souvenant d’un vieux conte que lui murmurait sa mère pour qu’il s’endorme le soir. Mais il dût bientôt se rendre à l’évidence. Ce n’était pas un baiser d’éveil, mais bien un baiser d’adieu.

Oscar ne bougeait pas, mais il entendit les mots qu’elle prononçait sur les lèvres immobiles :

-« Je croyais que ce n’était pas possible de trouver un aussi profond amour. Mais tu étais là… Toute ma vie était dans tes yeux. »

La voix se perdit ensuite dans un murmure et Alain ne pût supporter d’en voir plus. Il referma alors la porte sur ce spectacle, laissant Oscar à sa douleur. Le soldat tremblait de tous ses membres, se détestant d’avoir désiré un instant être à la place d’André. Il s’appuya contre la porte de l’église et ses yeux se perdirent dans les étoiles. La faible lueur nocturne révéla les larmes qui coulaient sans retenues sur son visage. Alain resta longtemps ainsi, laissant libre court à son chagrin. Puis il descendit les marches de la chapelle, jeta un dernier regard en arrière et se fondit dans la nuit.




FIN.

*** Lady Oscar Lady Oscar ***


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