Lady Oscar - André

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 Correspondance de Laney

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Nicole
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MessageSujet: Correspondance de Laney   Ven 1 Déc 2017 - 14:14

Correspondances"
 
par Laney


 
1) Le poids des maux


 
  D’André à Oscar




 


Oscar,
 
A ta demande je suis parti vivre ma vie loin de toi. Je sais que je n’implorerai jamais assez ton pardon pour le mal que je t’ai fait, alors laisse-moi te le dire une dernière fois : je suis sincèrement désolé pour la folie que je m’apprêtais à commettre.
 
J’ai réussi à trouver un travail, et je m’en sors plutôt bien. Cela n’a pas été facile, au début, de mentir sur mon passé, mais j’ai réussi à m’y faire.
 
Depuis un mois que je suis parti, je ne cesse de me demander comment tu tiens le coup ; as-tu réellement quitté le service de Leurs Majestés ? Si oui, quel commandement t’a-t-on confié ?
 
Rassure-toi, je ne cherche pas à m’insérer dans ta vie par ces questions ; j’aimerais simplement savoir si tu vas bien. Si tu veux me répondre, et je comprendrais que tu n’en aies pas envie, tu peux écrire à cette adresse : ………
 
Tu sais que je serai toujours là pour toi, Oscar.
 
Celui qui t’est dévoué à jamais,
 
André.




 
D’Oscar à André






 
André,
 
Après plusieurs semaines d’hésitations je me suis décidée à te répondre pour te dire que je ne veux plus que nous parlions de l’incident qui a coûté notre amitié.
 
Je te pardonne, avec difficulté certes, mais j’ai pleinement conscience que tu ne serais jamais allé jusqu’au bout de ta folie. Je te connais, André. Ce n’était pas vraiment toi qui as agi ainsi, la dernière fois que nous nous sommes vus. Alors n’en parlons plus.
 
Je suis heureuse que tu aies pu t’en sortir. Quant à moi, la Reine m’a confié le Commandement d’une compagnie de Gardes Françaises, et j’ai un peu de mal avec mes hommes. Pour être franche, ils ne sont pas tendres mais je saurai leur faire perdre leur arrogance.
 
Quel genre de travail exerces-tu ? Grand-Mère s’inquiète pour toi, tu sais. Elle m’a demandé pourquoi tu étais parti, mais je n’ai pas eu envie de la blesser en lui disant la vérité. Donc j’ai répondu que tu avais voulu passer à autre chose, car tu en avais assez de rester continuellement à mes côtés, prêt à satisfaire le moindre de mes désirs.
 
C’est là où je veux en venir, André. Tu ne dois plus te soucier de moi, tu m’as bien comprise ? Je veux que tu m’oublie, que tu vives enfin pour toi-même.
 
Je t’en prie, accorde-moi cette dernière faveur. Ne complique pas la situation, elle est assez embrouillée comme cela. Ne me réponds pas, écris directement à Grand-Mère. Tu lui donneras de tes nouvelles, et ce sera tout.
 
Prends bien soin de toi.
 
Oscar.
 







D’André à Grand Mère
 
Chère Grand Mère,
 
Je suis désolé d’avoir quitté précipitamment le château des Jarjayes, sans te prévenir. Je suppose qu’Oscar t’a dit pourquoi je suis parti ; je voulais vivre enfin ma vie, sans contrainte.
 
J’espère que tu vas bien et que tu ne te fais pas trop de souci pour moi. Moi ça va, je me jette à corps perdu dans mon travail pour ne pas sombrer dans la solitude ; je suis palefrenier d’un grand propriétaire. Je m’occupe donc de ses chevaux, mais je les entraîne également, car ils participent souvent à des courses très en vue.
 
Je loge chez ce propriétaire. En plus du travail pour lequel il m’a embauché, j’effectue quelques travaux dans son château, ce qui me donne droit à une chambre et à deux repas par jour.
 
Je suis parti pour tout oublier, malheureusement j’ai encore l’impression de me trouver chez les Jarjayes, à une exception près : Oscar n’est pas là.
 
Voilà, je pense t’avoir tout dit. Je te promets d’essayer de t’écrire le plus souvent possible. Veille bien sur toi et sur Oscar.
 
Ton petit-fils,
 
André.






 
De Grand-Mère à André
 
Mon cher enfant,
 
Je suis heureuse d’avoir reçu de tes nouvelles ; je vais bien, ainsi que tout le monde ici. Malgré tout, le château me semble bien vide, parfois. Tes leçons d’escrime avec Oscar me manquent, ainsi que vos gentilles disputes. Vous donniez vie à cette bâtisse froide, et maintenant que vous n’êtes plus là, je me sens un peu comme abandonnée dans cette demeure.
 
Que s’est-il passé, André ? Lorsque j’ai posé la question à Oscar, elle a détourné son regard et j’ai eu l’impression que son visage tentait de réprimer une grande douleur. Elle m’a finalement répondu la même chose que toi, et est entrée dans sa chambre en claquant la porte.
 
J’ai senti dans ta lettre que tu n’étais pas heureux où tu étais. Pourquoi restes-tu là-bas, alors ? Reviens parmi nous, et peut-être pourras-tu essayer de raisonner Oscar.
 
Allez, je t’embrasse, mon garçon.
 
Ta grand-mère.






 
D’André à Grand-Mère
 
Chère Grand-Mère,
 
C’est avec surprise que j’ai lu ta lettre : pourquoi dis-tu qu’Oscar n’est plus au château des Jarjayes ? A-t-elle décidé d’arrêter sa carrière militaire ? Et pourquoi veux-tu que je la raisonne, a-t-elle encore commis une de ces folies dont elle seule a le secret ?
 
Tu as raison, ma vie n’est pas très gaie ici. Pourtant j’ai tout ce qu’il faut, le propriétaire et sa femme sont des gens honnêtes, je suis bien payé et tout va pour le mieux de ce côté. Mais ce qui me manque cruellement, c’est une présence amie. Quelqu’un à qui je pourrais parler, parce qu’avec les chevaux, ce n’est pas l’idéal !
 
Trêve de plaisanterie… Je ne peux pas revenir au château, grand-mère. Il faut que je me tienne éloigné de vous tous pendant un bon moment. Je ne peux pas t’expliquer, c’est tellement compliqué, tout est confus dans ma tête, je ne sais plus où j’en suis. Enfin, je sais seulement que je voudrais être ailleurs qu’ici.
 
Il va donc falloir que tu t’habitues à mon absence ; tu me manques… mais je viendrai te voir un jour, quand tu ne t’y attendras pas.
 
J’attends ta prochaine lettre avec impatience.
 
Je t’embrasse.
 
Ton petit-fils,
 
André.






 
D’Oscar à André
 
André,
 
Cela doit t’étonner de recevoir une lettre de ma part, je sais que j’avais moi-même installé une barrière entre nous en ce qui nous concerne.
 
Justement, je ne t’écris pas pour parler de nous, mais de Grand-Mère. Je ne sais pas ce que tu lui as dit dans ta dernière lettre, mais cela l’a bouleversée et elle passe des heures dans ta chambre à la relire.
 
Je ne veux en aucun cas savoir ce que tu as écrit, j’aimerais seulement que tu fasses attention à la ménager un peu. Elle n’a pas besoin de se faire de souci, à son âge, alors sois vigilant dans tes propos.
 
En espérant que tu vas bien, je vais te laisser sur ces quelques lignes.
 
Oscar.




 
De Grand-Mère à André
 
Mon cher petit,
 
Tu ne peux pas savoir à quel point ta lettre m’a intriguée ; je sais que tu me caches quelque chose, je le ressens au plus profond de mon vieux cœur. Pourquoi ne veux-tu pas te confier à moi ? Tu sais que jamais je ne parlerai de tes problèmes, de tes doutes à quiconque. J’aimerais donc que tu aies un peu plus confiance en moi.
 
Oscar aussi m’inquiète : le lendemain de sa nomination à la tête des Gardes Françaises, elle a pris ses affaires et m’a dit qu’elle allait s’installer à la caserne. Je n’ai pas eu d’autre explication de sa part. Elle a changé, tu sais. Lorsque je l’ai vue partir le soir de son installation à la caserne, j’ai même eu l’impression qu’elle avait hâte de quitter le château de son père.
 
Comme si elle voulait fuir quelque chose au plus vite… Oh André, mais que se passe-t-il ? Qu’avez-vous, tous les deux ? Votre comportement n’est pas normal.
 
Que s’est-il donc passé pour que vous soyez tous les deux aussi différents ?
 
Réponds-moi au plus vite, je t’en prie. Je ne peux vivre ainsi dans le doute et l’incompréhension.
 
Ta grand-mère qui t’aime.
 



D’André à Oscar
 
Oscar,
 
Je n’arrive pas à croire que tu penses que j’ai délibérément peiné ma grand-mère. Je ne lui ai rien dit de particulièrement choquant ou bouleversant, je n’ai fait que lui parler de la vérité. Rassure toi je ne lui ai pas fait part de ce que tu tiens absolument à cacher, je n’ai parlé que de moi, et je suis désolé qu’elle ait réagi comme cela.
 
Je continuerai à lui écrire ce que bon me semblera, dans les limites de l’acceptable pour elle. D’ailleurs, dis-lui que je lui répondrai bientôt, j’ai reçu ta lettre d’abord, c’est pour cela que je te réponds en premier.
 
Je ne pense pas que tu sois en droit de me dicter ma conduite. Tu tiens à ce que je ménage celle qui a toujours été la première présente pour moi ? C’est ce que je m’efforce de faire. Mais il n’y a que la vérité qui blesse, n’est-ce pas ?
 
Je ne sais pas comment ménager les gens, Oscar… Car personne n’a jamais songé à me ménager, moi.
 
Tu ne veux pas parler de nous. Mais y a-t-il un jour eu un « nous » ?
 
André.




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MessageSujet: Re: Correspondance de Laney   Ven 1 Déc 2017 - 14:21

2) Les quatre vérités
 
 
D'André à Grand-Mère
 
 
Chère Grand-Mère,
 
Je m’excuse de te répondre aussi tard, j’ai été très occupé ces derniers jours. Le propriétaire pour lequel je travaille est allé profiter du climat du Sud de la France, et je suis pratiquement seul au château, à m’occuper de presque tout pendant son absence.
 
J’ai reçu il y a quelques temps une lettre d’Oscar, qui disait que tu étais préoccupée par mon sort. Je te le répète, il n’y a aucune raison pour que tu t’inquiètes pour moi. Je vais bien. Bon d’accord, j’ai parfois des hauts et des bas, mais cela arrive à tout le monde.
 
Comme toi, je trouve cela surprenant qu’Oscar se soit éloigné du château de son père. Je te l’accorde, ce n’est pas dans ses habitudes, de changer aussi radicalement. Malheureusement je ne crois pas que je pourrai lui faire entendre raison : nous ne sommes pas en très bons termes, et je vois que tu l’as deviné, alors essaie de la raisonner toi-même.
 
Crois-moi, ce n’est pas de gaieté de cœur que je t’avoue cela ; mais j’espère que maintenant, tu ne te poseras plus de questions sur notre comportement. Je ne peux vraiment pas t’en parler, grand-mère, même si j’aimerais que quelqu’un m’aide à me sortir de cet enfer.
 
Car c’en est un. C’est vraiment atroce d’être si loin de mon passé, de ce que j’aime et qui me fait vivre. Ici, je ne dois ma survie qu’à tous ces moments heureux qui font partie de ma mémoire. Je me rends compte, avec amertume certes, que la vie n’est pas toujours facile.
 
Bon je m’arrête là, je crois que je t’en ai trop dit. Je te le répète encore une fois, ne te fais pas de soucis pour moi. J’irai bien tant que je saurai que toi aussi, tu vas bien.
 
Ton petit-fils,
 
André.




 
D’Oscar à André


 
André,
 
Je ne pensais pas recevoir un accueil aussi glacial à la lecture de ta lettre ; tu ne m’as jamais semblé aussi froid et distant.
 
Je sais que Grand-Mère est ta seule famille, et que tu l’aimes beaucoup. Je dois donc m’excuser d’avoir osé te proposer une conduite à suivre en ce qui la concerne. Je sais aussi que cela doit être dur de vivre ainsi loin d’elle. Elle me manque également, tu sais. Maintenant que je suis partie à mon tour, je me rends compte que sa présence était réconfortante pour moi. Oui, je suis partie. Mais je pense que Grand-Mère te l’avait dit, en tous les cas elle m’avait fait part de son intention de le faire.
 
Tu dis que personne ne t’a jamais ménagé ? J’hésite à te croire. Encore une fois ta grand-mère a joué ce rôle, c’est bien elle qui t’a réconforté en t’apprenant la mort de tes parents, non ? Quant à moi, je ne sais pas quoi dire. Nous sommes pareils en ce sens où nous n’avons pas épargné l’autre, chacun a commis des erreurs.
 
A propos du « nous » je ne pensais pas, en l’écrivant, qu’il aurait provoqué cette réaction de ta part. Là non plus je ne peux pas te répondre. Je suis désolée, j’ai du mal à comprendre ce que tu insinues, ou alors, peut-être ai-je peur de le comprendre.
 
Grand-Mère m’a montré la lettre que tu lui as envoyé. Elle l’a reçue il y a environ deux semaines, mais je n’ai pas pu réagir avant aujourd’hui : ne t’occupes pas de ma décision de rester à la caserne. Je ne peux tout simplement pas rester chez mon père.
 
Mais ceci n’est qu’un détail. Je vois que tu n’es pas heureux là où tu es. Je ne suis donc pas la seule à regretter mon passé.
 
Comment en sommes-nous arrivés là, André ? Qu’avons-nous omis de faire pour nous retrouver dans cette situation ? Je suis soulagée que tu n’aies pas parlé de l’incident à Grand-Mère, et pas uniquement pour moi : cela aurait été pénible pour toi de le lui avouer, j’en suis certaine. D’autant plus pénible que tu étais sous l’emprise de l’alcool…
 
Je sais ce que tu vas m’écrire : ‘c’était toi qui ne voulais pas en parler, Oscar.’ Oui, c’était moi. Mais maintenant je me rends compte que cela ne sert à rien de se voiler la face ; il vaut mieux tuer ce mal qui nous ronge, avant qu’il ne nous tue les premiers.
 
Voilà, je suis aussi surprise que toi. Je ne pensais pas avoir le courage de te dire tout cela, alors je t’en prie, ne me réponds pas dans la hâte.
 
Prends le temps de peser tes mots, ou je ne réponds plus de ce qui nous attend.
 
Oscar.


 
De Grand-Mère à André
 
Mon petit,
 
Comment veux-tu que je ne m’inquiète pas quand tu m’envoies des lettres aussi bouleversantes ? Tu es malheureux, tu me l’as avoué, et tu persistes à vouloir rester seul dans ta douleur.
 
Je ne comprends vraiment pas ton attitude, ni celle d’Oscar d’ailleurs. Cela me fait mal de vous savoir tous les deux aussi tristes, surtout quand je sais que quelque chose s’est passé entre vous, et a provoqué votre éloignement. J’ai peur d’essayer d’imaginer ce qui s’est réellement passé, mais cela ne vous ressemble pas, de fuir ainsi votre problème.
 
Car c’est bien de fuite dont il s’agit. Je me souviens de vos débats passionnés, de vos querelles houleuses et parfois douloureuses, mais qui avaient au moins le mérite de rétablir cette entente complice entre vous. Penses-y, mon garçon. Fais quelque chose, je sais que ta situation t’est intolérable.
 
Ta grand-mère.
 
 
 
D’André à Grand-Mère
 
Chère grand-mère,
 
Je sais que tu ne peux pas t’empêcher de nous imaginer, Oscar et moi, dans nos premières insouciances, si lointaines à présent.
 
Tout n’est pas si simple. Tu penses que cela me fait plaisir d’être en froid avec elle ? Non, je crois que cette fois, une dispute ne serait pas suffisante. Je ne cesse de penser à cet incident tous les jours, en maudissant les conséquences néfastes qui tachent à présent notre vie. Dans mes moments de solitude, j’essaie de reconsidérer la situation sous tous ses angles, sans aucun résultat.
 
Qui sait ? Un jour peut-être, je parviendrai à trouver la solution de toute cette histoire. J’espère que ce jour salvateur n’est pas loin, car je n’arrive plus à trouver les mots pour dire à Oscar ce que je ressens. Elle m’a écrit récemment, grand-mère, et sa lettre m’a laissé perplexe. Elle m’a clairement indiqué qu’elle voulait que nous « parlions » de notre problème, mais dans le même temps je crois qu’elle redoute le moment où tout sera dit. Je sais qu’elle se doute de ce que je lui dirais certainement si je répondais à sa lettre, c’est pour cela que je préfère attendre un moment avant de lui faire parvenir une réponse.
 
Peux-tu le lui dire pour moi, grand-mère ? Ne crois surtout pas que je suis lâche et que je n’ai pas le courage de lui dire cela moi-même ; je suis seulement à bout de forces en ce moment.
 
Prends bien soin de toi.
 
André.
 


De Grand-Mère à André
 
Mon enfant,
 
J’ai transmis ton message à Oscar, ou plutôt que je lui ai montré ta lettre. Je ne peux te décrire sa réaction qu’avec ces seuls mots : elle a été surprise et m’a demandé si j’étais au courant de votre problème. Je lui ai répondu que non, que tu ne voulais pas m’en parler et que de toute façon, je lui montrais les lettres que je recevais de toi ; ainsi elle a pu elle-même constater que je ne sais rien.
 
Ceci dit, elle m’a parue préoccupée pendant tout le repas ; tu peux imaginer l’atmosphère, le Général plongé dans ses papiers et Oscar qui ne touche pas à son assiette.
 

Cela faisait une semaine que je ne l’avais pas vue. Elle ne vient dîner au château des Jarjayes que très rarement, tu sais. A chaque fois que je la vois, j’ai un pincement au cœur et je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’elle aussi n’est pas heureuse. Je lui en ai fait la réflexion. Je lui ai dit que vous me donniez bien du souci tous les deux. Tu sais ce qu’elle m’a répondu ? Qu’elle n’y était pour rien. Ensuite elle s’est corrigée et a dit d’un ton lointain : « enfin… ce n’est pas entièrement de ma faute. »

Tu comprends ce que j’essaie de te dire, André ? Oscar a indirectement reconnu sa part de responsabilité dans votre histoire, et je suis persuadée qu’elle veut mettre les choses au clair.
 
Elle me semble si songeuse, et si égarée parfois. Dimanche dernier, je l’ai vue adossée à la porte close de l’écurie. Son regard se perdait aux alentours, et elle caressait machinalement la lame de son épée. Je me suis approchée d’elle, et lorsqu’elle se rendit compte que je venais, elle entra précipitamment dans l’écurie et en ressortit dans la seconde.
 
Elle avait pleuré, André. Je ne l’avais jamais vue ainsi. Ne me pose pas la question de savoir la raison de ses pleurs, je n’en ai pas la moindre idée ou plutôt si, j’ai quelques doutes mais je ne veux pas t’en parler.
 
Une dernière fois, prends ta plume et écris à Oscar. Cela ne pourra vous faire que du bien à tous les deux.
 
Ta grand-mère.




 
D’André à Grand-Mère
 
Ma chère grand-mère,
 
Je vais suivre tes conseils. Soit, j’écrirai à Oscar, même si je redoute sa réponse. Tu sais ce qui me fait le plus mal ? C’est de te raconter mes problèmes en oubliant qu’ils ne doivent pas être les tiens. Tu ne devrais pas être un intermédiaire entre Oscar et moi.
 
J’espère te rassurer en te disant que je vais mieux. Tes lettres ont peut-être l’art de me faire la morale, mais au moins elles me réconfortent et me donnent foi en l’avenir. Je sais que tu as toujours raison. Enfin, jusqu’à présent ! Tu es un modèle de sagesse, grand-mère, et je suis vraiment heureux que tu prennes soin de moi avec autant d’attention.
 
Tu me dis qu’Oscar ne va pas bien ? Je peux aisément le croire. J’en ai assez de vivre cette situation, cela doit être pareil pour elle. Je sais qu’elle est forte, certainement plus que son père et moi réunis, mais je n’oublie pas qu’elle est un aussi être humain, et qu’elle a un cœur.
 
Son cœur a été gravement touché par ma faute, grand-mère. Son sang a coulé et s’est répandu comme une nappe indélébile sur moi… Elle était à l’agonie… mon départ a été le remède à cette hémorragie.
 
Je crois que je peux te le dire maintenant. Quelle importance de vouloir garder ce secret qui n’en est plus un, car dévoilé prématurément et cause de la torture que j’endure jour après jour ?
 
Je l’aime, grand-mère. Je l’aime depuis le premier jour où j’ai posé mon regard sur elle. C’est en essayant maladroitement de le lui faire comprendre que j’ai brisé nos vies à jamais.
 
André.





A suivre…

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MessageSujet: Re: Correspondance de Laney   Sam 2 Déc 2017 - 17:03

3) Cartes sur table
 
D’André à Oscar


 
Oscar,
 
Comme tu me l’as demandé j’ai pris quelques semaines de réflexion avant de te répondre. Cela fait plusieurs mois déjà que je suis parti ; malgré cela j’ai l’impression de te voir assise dans un fauteuil, là, juste en face de moi, pendant que j’écris ces mots qui viennent du plus profond de mon cœur. L’image que j’ai de toi est restée intacte dans ma mémoire qui persiste à me renvoyer comme un miroir des scènes de notre ancienne vie, lorsque nous étions encore au château de ton père.
 
Je nous revois ferrailler avec détermination, je peux sentir ton entêtement à vouloir chasser le Masque Noir tellement il est encore si perceptible pour moi. Tous ces moments vécus avec toi, près de toi mais surtout pour toi sont les meilleurs de toute ma vie.
 
Tu dois te demander pourquoi je te raconte tout ça. En fait j’essaie de te faire comprendre que je regrette la vie que nous avions avant. Je ne peux supporter de rester si loin de mon passé, et plus que tout, savoir que tu as changé, que tu es triste et que tu pleures m’est intolérable. J’espère que ce n’est pas à cause de Monsieur de Fersen. Excuse-moi de soulever le sujet Oscar, mais je veux que tu saches que jamais je ne pourrai lui pardonner de t’avoir autant fait souffrir.
 
C’est possible que je t’aie fait encore plus de mal que lui ; toi seule le sait. Voilà pourquoi j’ai été aussi surpris de recevoir ta lettre ; je n’ai pas pensé une seule seconde au fait que tu puisses un jour me pardonner, loin de là. Mais tenir ce bout de papier entre mes doigts tremblants m’a donné un fol espoir, celui que tu ne me tournes pas définitivement le dos avant de me laisser me justifier, bien que ce que j’ai fait ne soit pas tout à fait justifiable.
 
Je peux donc répondre à ta question, tu te souviens, lorsque tu m’as demandé comment nous en étions arrivés là. La réponse est toute simple en ce qui me concerne : tout a dérapé parce que j’ai eu la faiblesse de ne pas t’avouer les sentiments que j’avais pour toi.
 
Tu le sais, Oscar. Je t’aime. Mon cœur saigne et réclame un peu de ton attention en silence depuis plus de vingt ans. Je ne sais pas pourquoi je ne te l’ai jamais dit ; peut-être à cause du fossé immense qui sépare nos deux classes. Ou alors, ayant compris que tu te tournais vers Axel de Fersen, je me suis automatiquement replié sur moi-même et j’ai perdu ma raison en commençant à boire dans les tavernes. Puis, ce geste insensé qui espérait un signe de ta part… Lorsque j’ai lu la peur dans ton regard, je me suis maudit et dans le même temps je t’en ai voulu.
 
Oui Oscar, pendant une fraction de seconde je t’ai haïe. Je t’ai haïe pour tout ce que tu me faisais endurer jour après jour, pour ton indifférence à mon égard, pour l’amour que tu portais à quelqu’un qui n’en avait pas pour toi. Je maudissais le mauvais sort qui s’acharnait sur moi, le roturier condamné à rester dans l’ombre de celle qu’il adorait. Pourquoi ne me voyais-tu pas, moi qui t’offrais mon cœur ? Pourquoi t’étais-tu attachée à quelqu’un qui ne te connaissait pas aussi bien que moi je te connaissais ? Je me suis rendu compte à ce moment que nous étions semblables ; chacun de nous aimait sans retour. Je pouvais donc comprendre ta douleur à propos de Monsieur de Fersen, puisque je la vivais au quotidien depuis vingt ans.
 
Puis, lorsque j’ai vu tes larmes, j’ai su que j’avais fait la plus grande bêtise de ma vie. Rien ne pourra excuser mon geste. Au moment où je t’écris, je ne peux empêcher la honte de gagner tout mon être. Je ne sais pas si je pourrai te regarder en face de nouveau, Oscar.
 
D’ailleurs je ne pense pas que nous nous reverrons, vu les circonstances. Je t’ai ouvert mon cœur, je t’ai fait part des sentiments qui m’agitent, maintenant je suis à bout.
 
Je ne sais plus quoi écrire.
 
Mais je veux que tu me dises une chose : jure-moi que ce n’est pas à cause de moi que tu es partie du château. Jure-moi que je ne suis pas la cause de tous les changements qui se sont opérés en toi.
 
Si par malheur c’était le cas, je crois bien que je ne me le pardonnerai jamais ; je ne veux plus que tu souffres à cause de moi, Oscar ; j’en ai assez fait.
 
André.




 
De Grand-Mère à André
 
Mon petit,
 
Je comprends mieux ta douleur. Cela devait vraiment être atroce de vivre près d’Oscar en lui cachant tes sentiments. Et lorsque tu as voulu lui ouvrir ton cœur, cela s’est mal passé.
 
Je n’ai jamais pensé que c’était cela la source de votre problème. Mais tu m’as dit que tu as été maladroit : qu’as-tu fait exactement ?
 
Sais-tu qu’Oscar a refusé de se rendre à un bal en l’honneur de Monsieur de Fersen ? Elle m’a dit d’un ton indifférent qu’elle ne voulait plus entendre parler de lui, et m’a fait promettre de ne pas t’en parler.
 
Oh ! Cela m’a échappé. Je peux aussi te dire que ta lettre ne l’a pas laissée indifférente ; elle ne me l’a pas montrée, mais en tous les cas elle ne cesse de la lire et de la relire. Un jour qu’elle était au château, je l’ai vue s’installer dans la bibliothèque et commencer à écrire sur des feuilles, qu’elle ne cessait de jeter ensuite dans la corbeille.
 
Oui, ta lettre ne la laisse pas indifférente. Je ne sais pas si elle en est heureuse, triste ou agacée, car je n’arrive pas à déchiffrer l’expression impénétrable de son visage. Je sais seulement qu’elle l’étudie avec attention.
 
Voilà, je vais maintenant te laisser en te souhaitant d’être courageux pour la suite des événements.
 
Ta grand-mère.




 
D’André à Grand-Mère
 
Ma chère Grand-Mère,
 
Si tu savais comme ta lettre m’a fait plaisir ! Je suis heureux de savoir que ce que j’ai écrit produit un effet sur Oscar. Maintenant j’attends sa réponse et je la redoute en même temps ; j’ai tellement peur d’être déçu et rejeté une nouvelle fois.
 
Ma vie ici est toujours pareille. Le propriétaire est revenu de son séjour dans le Sud de la France, et à ma grande surprise, m’a chaudement félicité pour le « travail remarquable » que j’ai accompli sur ses chevaux ; je pense qu’ils seront bientôt prêts pour leur prochaine course.
 
En effet, j’ai été très maladroit quand j’ai voulu parler de mes sentiments à Oscar. Il n’y a rien à ajouter là-dessus, je crois que je n’ai pas vraiment envie de m’en rappeler, grand-mère.
 
Oscar a refusé de se rendre à un bal en l’honneur d’Axel de Fersen ? Peut-être a-t-elle compris que les sentiments de cet homme pour la Reine ne changeront jamais.
 
Tout comme ceux que j’ai pour elle m’ont cruellement marqué au fer rouge il y a si longtemps.
 
J’espère qu’elle ne me répondra pas dans la hâte, j’aimerais qu’elle prenne conscience que tout ce qu’elle m’écrira sera déterminant dans notre avenir.
 
Je t’embrasse donc.
 
Ton petit-fils,
 
André.




 
D’Oscar à André
 
André,
 
Je dois t’avouer tout d’abord que j’ai recommencé cette lettre une bonne dizaine de fois. Je n’étais pas sûre de mes propos, d’ailleurs je n’en suis pas totalement certaine au moment où je t’écris, mais tant pis.
 
Comme tu as pu le constater, cela fait plusieurs semaines que je réfléchis à ce que je peux te répondre. Le problème est que je ne sais pas exactement quoi te dire, je ne veux pas te faire espérer quelque chose que je ne suis pas sûre d’avoir, et en même temps je ne veux pas te faire souffrir plus longtemps.
 
Quand tu es parti, j’ai été soulagée de ne plus te voir à mes côtés ; je repensais sans cesse à cet incident, et j’étais vraiment en colère contre toi. Cela n’est pas allé jusqu’à la haine, mais entendre Grand-Mère seulement prononcer ton nom avait pour effet de me mettre hors de moi.
 
Je ne pouvais pas comprendre comment toi, mon ami de toujours, celui en qui j’avais le plus confiance, comment tu avais pu agir de la sorte envers moi. Je ne pouvais pas comprendre comment tu avais pu croire que je me plierais à ta volonté ; et par-dessus tout, je ne pouvais pas comprendre comment quelqu’un qui disait m’aimer m’avait aussi profondément blessée.
 
Malgré tout cela, je pense maintenant pouvoir te pardonner. Ta lettre était si franche que je me suis demandé pourquoi j’hésitais encore à te dire que cet incident faisait à présent partie de notre passé.
 
C’est à mon tour de m’excuser. Je regrette vraiment de ne pas avoir fait plus attention à toi, je regrette d’avoir si souvent oublié de te demander si tu allais bien ou si tu voulais encore garder tes engagements auprès de moi. Quand je pense que j’étais si loin de m’apercevoir que ta présence était réconfortante pour moi ! Tu as tout fait pour me rendre la vie bien meilleure, André, en dépit des problèmes de la Cour. Tu m’as toujours soutenue même dans les pires moments, tu as prêté une oreille attentive à mes récriminations.
 
Je m’étais bien rendue compte que ton cœur battait à l’unisson avec le mien, mais je pensais que c’était dû à une amitié solide qui avait défié le temps. Je n’avais jamais remarqué quoi que ce soit qui aurait pu me donner des soupçons, car tu as toujours été assez distant tout en étant très proche.
 
C’est étonnant, n’est-ce pas ? Maintenant que tu n’es plus là je ressens comme un grand vide. Lorsque tu es parti, tu as emporté sans le savoir une partie de moi, ce qui explique mon comportement étrange dont t’a sûrement parlé Grand Mère et mon désir de partir du château de mon père. Je peux donc te dire que c’est à cause de toi que je suis partie ; je ne pouvais pas rester dans cette demeure, elle me rappelait trop de moments douloureux. Mais tu n’as pas à t’en vouloir, je crois que tu t’es déjà puni toi-même.
 
Concernant Monsieur de Fersen, j’ai honte de t’avoir parlé des sentiments futiles que je croyais avoir pour lui. Tu as d’ailleurs bien fait de soulever la question. Je ne veux pas savoir lequel de vous deux m’a fait le plus souffrir.
 
Tout ce que je sais c’est que j’ai plus de mal à accepter ton absence que la sienne.
 
Voilà, c’est tout ce que je peux te dire pour le moment. Je suis désolée, je ne suis pas encore assez sûre de moi pour te donner un espoir ou une déception.
 
En espérant que cette lettre te trouvera en bonne santé.
 
Oscar.





A suivre…

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Nicole
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MessageSujet: Re: Correspondance de Laney   Dim 3 Déc 2017 - 17:13

4) Les masques tombent


 
D’André à Oscar
 
Oscar,
 
C’est avec soulagement que j’ai reçu ta lettre. Je vais bien, et même très bien, depuis que tes mots se sont inscrits dans mon cœur.
 
Je te remercie pour ta sincérité. Tu t’es bien rendue compte que le passé n’appartient qu’au passé, même si tu m’as avoué être partie du château à cause des événements douloureux qui s’y sont produits par ma faute.
 
Je te promets que plus jamais je ne te ferai de mal, Oscar. Tu comptes beaucoup trop à mes yeux pour que je me permette de te perdre définitivement, en reconnaissant toutefois que tu ne m’as pas donné de réponse.
 
Je sais que cela ne doit pas être facile pour toi. Tout est remis en cause, n’est-ce pas ?
 
En ce qui me concerne, jamais je ne cesserai de t’aimer. Je t’attendrai jusqu’à mon dernier souffle. Et si tu n’es toujours pas prête d’ici là, je m’en irai dans l’au-delà dans l’allégresse, en sachant que tu m’y rejoindras un jour.
 
Pourquoi est-ce que je parle de la mort ? C’est insensé. C’est totalement insensé puisqu’une vie nouvelle a commencé. Quel que soit notre avenir, je sais qu’il sera différent de ce qu’il aurait été si… si je ne t’avais pas avoué mes sentiments.
 
Je me rends compte que je ne t’ai jamais demandé comment tu t’en sortais avec tes hommes ; tu m’avais dit dans ta première lettre qu’ils n’étaient pas très dociles ; qu’en est-il plusieurs mois après ?
 
Bien, je dois te laisser maintenant. Je dois donner un dernier entraînement aux chevaux de mon propriétaire, ils participent à une course très importante dans quelques jours.
 
Embrasse grand-mère quand tu la verras.
 
Prends soin de toi.
 
André.




 


De Grand-Mère à André
 
Mon cher enfant,
 
Je suis heureuse de savoir que tu vas mieux ; c’est vraiment formidable de voir ainsi ton travail reconnu, cela me rassure et je me dis que c’est une chance que tu aies pu trouver une occupation au lieu de ruminer tes sombres pensées tout le temps.
 
Ta lettre respirait la joie de vivre, même si une ombre d’anxiété planait sur tes mots enjoués. J’espère que la réponse d’Oscar a été à la hauteur de tes espérances, ou du moins qu’elle n’a pas aggravé votre situation.
 
Je ne sais pas ce que tu lui as écrit, elle ne me montre plus tes lettres ; en tous les cas elle vient dîner plus souvent au château. Elle fait son possible pour paraître gaie mais je sens que quelque chose la préoccupe. Je ne sais pas si c’est ce que tu lui as écrit ou si ce sont ses problèmes avec les Gardes Françaises qui l’accablent.
 
Elle a perdu la pâleur de ces dernières semaines, cependant son regard est toujours aussi absent. Je n’ai jamais vu Oscar aussi songeuse de toute ma vie ; même lorsque vous étiez enfants, le bleu de son regard farouche et déterminé n’avait jamais pris cette teinte trouble.
 
Je t’ai confié cela André, mais ce n’est pas nécessaire de lui en parler. Je ne veux en aucun cas t’inquiéter, Oscar traverse certainement une période cruciale de sa vie.
 
Je suis sûre qu’elle a du mal à choisir entre son bonheur et son devoir. Alors je t’en prie, ne la brusque pas. Sois patient. Quoi qu’il arrive, elle fera le bon choix. Il suffit juste qu’elle s’en persuade.
 
Je t’embrasse.
 
Ta grand-mère.






 


D’André à Grand-Mère
 
Chère grand-mère,
 
Comment veux-tu que je reste insensible aux problèmes d’Oscar ? Avant de recevoir ta lettre, je lui ai demandé comment elle s’en sortait avec sa compagnie ; je n’ai pas encore reçu de réponse.
 
Comme toi, je pense qu’elle est partagée en ce qui concerne ses sentiments, ses aspirations personnelles et son avenir, car sa réponse n’a été ni positive ni négative.
 
Oscar a vécu toute sa vie comme un homme, avec ses manières propres et parfois même son langage. Je crois qu’elle hésite à être une femme.
 
Car c’est bien être une femme que d’écouter un peu son cœur, endurci depuis trop longtemps. Je ne crois pas que ce soit un secret, grand-mère, ou alors si c’en est un, ne dis pas à Oscar que je te l’ai révélé : elle a cru avoir des sentiments à un moment pour Axel de Fersen. Je dis bien qu’elle l’a cru car elle m’a avoué dans sa réponse que ces sentiments étaient futiles. Son cœur, alors qu’il s’ouvrait certainement pour la première fois, a été quelque peu écorché car le prétendu amour qu’elle avait pour ce Suédois n’était pas partagé.
 
Elle a donc souffert horriblement. Tu imagines, après tant d’années de sommeil, son cœur s’est réveillé pour être déçu presque immédiatement ? Je comprends donc qu’Oscar hésite à enlever les bandages qui recouvrent sa plaie, car celle-ci n’est pas tout à fait refermée.
 
De plus, je n’ai pas arrangé les choses en ma faveur… Mais qu’à cela ne tienne, je lui ai clairement fait comprendre que je l'attendrai éternellement.
 
Il y avait une importante course de chevaux aujourd’hui, dans les environs de Versailles. Je ne l’ai pas dit à Oscar, car je ne voulais pas qu’elle croie que je me rapprochais d’elle à dessein. Un des chevaux de mon propriétaire est arrivé en deuxième position, j’ai pu recevoir ainsi des compliments sur mon travail et une petite augmentation.
 
Pendant la course, à un moment mon cœur s’est arrêté de battre ; j’ai cru apercevoir Oscar près d’un arbre, mais je ne jurerais pas que c’était bien elle. A vrai dire, à chaque fois que je vois une femme blonde, je ne peux m’empêcher de penser à elle. C’est comme cela tout le temps. Il m’est même arrivé de voir un jour une jeune femme de dos, je croyais que c’était Oscar car elle avait la même silhouette mais c’était en fait une parfaite inconnue.
 
Je n’arrête pas de la voir partout. Mes nuits sont peuplées d’images d’elle, ses longs cheveux blonds flottant dans le vent, ses yeux fixes mais limpides perdus dans le vague, son teint plus rosé que jamais, ses lèvres… Oh, ses lèvres, esquissant un sourire triste…
 
Grand-mère, je ne sais pas ce que je deviendrai si elle me rejette. Je ne respire que par elle… Chaque mot qu’elle m’écrit me plonge dans une fièvre désespérée, et mon cœur s’embrase à la lecture de ses propos si réservés…
 
Je ne vis que dans l’attente d’une réponse exauçant mes timides souhaits. Alors je t’en prie, veille bien sur elle et si elle te pose des questions sur moi, si elle te confie ses doutes, je t’en prie, je t’en supplie à genoux, dis-lui que mon cœur est pur et qu’il n’attend qu’elle.
 
Je pense que je l’écrirais moi-même si j’en avais le courage ; mais je n’ose pas lui parler d’amour quand tout est confus dans sa tête.
 
Prends bien soin de vous deux.
 
Ton petit-fils,
 
André.






 
De Grand-Mère à André
 
Mon petit,
 
J’ai senti une confiance immense en l’avenir dans ta dernière lettre ; mais je ne sais pas si c’est bon pour toi de t’accrocher ainsi à Oscar. Je ne veux en aucun cas te suggérer de renoncer à elle, cependant j’estime que tu ne devrais pas la laisser occuper toutes tes pensées de la sorte.
 
C’est tellement évident, André. Il n’y a qu’à lire ta lettre pour le comprendre : tu brûles d’un amour peut-être trop passionné pour elle. Bien sûr, je reconnais que cela fait longtemps que tu l’aimes en secret, tu as sans aucun doute eu du temps pour réfléchir à cette passion qui dévaste tout en toi.
 
Mais n’en oublie pas l’essentiel : dans l’attente d’une réponse définitive de sa part, ne reste pas prostré dans ton coin, occupe-toi, entreprends des choses nouvelles.
 
Je suis presque certaine que tes vœux seront exaucés un jour. Je le répète, prends patience et c’est le cœur léger que tu devrais trouver de nouvelles activités.
 
J’espère que tu ne vas pas mal interpréter mes paroles, mon enfant. Je ne veux que ton bonheur, tu peux donc comprendre que je m’inquiète pour toi.
 
Allez, je t’embrasse très fort.
 
Ta grand-mère qui t’aime.






 
D’Oscar à André
 
André,
 
Je suis contente de savoir que ma dernière lettre n’a pas entaché ton moral. Je vais bien, et j’espère que toi aussi. Je commencerai donc à te parler de mes hommes, puisque tu y tiens absolument ; autant se défaire de cela maintenant. Ils ne se sont pas beaucoup assagis depuis le premier jour où je les ai rencontrés, crois-moi. Mais je pense pouvoir bientôt leur apprendre le maniement d’une épée, puisqu’ils n’étaient capables jusqu’à maintenant que de se battre comme des chiffonniers. Malgré tout cela, ce sont d’honnêtes soldats ; je sais qu’ils peuvent faire correctement leur travail, il suffit juste qu’ils se bougent un peu.
 
Je te remercie pour ta compréhension, il est vrai que c’est assez difficile pour moi de décider dans l’immédiat de mon avenir ; c’est d’autant plus difficile que je décide ainsi indirectement du tien. J’aimerais tellement pouvoir être sûre de moi, tu comprends ? Je ne veux pas prendre de décision que je pourrais un jour regretter, c’est pour cela que je prends autant de temps pour réfléchir à ma… à notre situation. Je n’ai jamais été aussi incertaine de ma vie, et quelque part cela me dérange ; j’ai toujours su ce que je devais faire, je n’ai jamais eu d’hésitation, donc pour la première fois, je dois faire un choix à un croisement de ma vie.
 
Je dois t’avouer également que ta lettre m’a beaucoup émue ; elle m’a aussi fait réfléchir, tu sais. Ton amour est si sincère, et si pur… Je ne sais pas si je le mérite. C’est vrai, après tout je n’ai jamais rien fait qui aurait pu te faire croire que cet amour que tu brûlais de m’offrir serait accepté. Je ne t’ai jamais regardé comme une femme regarde un homme… Tout simplement parce que je n’étais pas une femme. Mon cœur était endurci, je m’étais forgé une carapace que je croyais indestructible…
 
Cependant, contre toute attente, tu as réussi à la briser, et pas de la façon que tu crois. C’est ton absence qui a lacéré jour après jour mon cocon, qui m’a profondément marquée dans ma chair, et qui m’a fait prendre conscience de ma véritable nature. Ce réveil a été douloureux, c’était un peu comme si je voyais pour la première fois, avec des yeux neufs mais pleins de honte. Comment ai-je pu être aussi stupide ?
 
Je dois apporter une rectification à ce que tu as dit dans ta dernière lettre : tu penses que je suis partie du château à cause de toi, c’est vrai. Tu penses que ce sont les événements pénibles qui s’y sont produits qui m’ont poussée à habiter à la caserne, c’est faux. Comme tu es loin de te douter… Si je suis partie c’est pour tenter d’oublier. Je voulais effacer de ma mémoire tous ces moments heureux que nous avons partagés, toutes ces images et ces impressions qui m’avaient tant marquées, tous ces souvenirs des endroits où tu avais vécu à mes côtés. Je voulais tout oublier, car cela me faisait horriblement souffrir de repenser à tout cela. Malgré ma colère, ces souvenirs me manquaient. En dépit de ma rancœur et de l’humiliation que tu m’avais fait subir, je m’étais rendue compte que finalement, ces souvenirs me hantaient et qu’ils laissaient place peu à peu au regret de t’avoir dit de partir.
 
Tu me manquais, André. Tu vas certainement te dire : ‘mais qu’est-ce qu’elle raconte, elle ne sait pas ce qu’elle veut !’ Tu as en partie raison. Je ne suis pas totalement sûre de ce que je veux réellement. Par contre, je sais que ta dernière lettre ne m’a pas laissée indemne.
 
En effet, tu m’avais fait part d’une importante course de chevaux. La tentation était trop forte ; je ne sais pas si tu l’avais fait exprès, si c’est le cas, tu m’as bien eue. Je m’explique : je me suis renseignée sur cette course, et j’ai appris où elle devait avoir lieu. Quand j’ai su qu’elle se tiendrait dans les environs de Versailles, je n’ai pas pu m’empêcher d’y faire un saut. Tu l’as sans doute deviné, je voulais te voir. Cela faisait tellement longtemps que je ne t’avais pas vu, un peu plus de six mois maintenant, que j’étais curieuse de savoir ce que cela aurait comme effet sur moi.
 
Ce fut comme si la foudre m’était tombée dessus ; dès que mon regard s’est posé sur toi, je me suis sentie vaciller. J’ai dû me soutenir à un arbre, et je n’ai cessé de te regarder. Tu étais si concentré sur la course, et tellement serein… Ce fut vraiment une impression étrange pour moi. Je me suis posé des questions, d’ailleurs je m’en pose encore pendant que je t’écris. Pourquoi le simple fait de te voir m’a procuré cette sensation de bien-être et de chaleur ? Car je me sentais fondre comme si mon corps tout entier s’embrasait… Et en ce moment, je sens mes joues s’enflammer comme si ton regard posé sur moi me transperce.
 
Je crois que ma réflexion est terminée ; j’étais encore indécise au commencement de la rédaction de cette lettre. Mais plus j’ai laissé ma plume courir sur le papier, plus les souvenirs m’ont submergée et j’ai dû me rendre à l’évidence.
 
Tu me manques, André. Le poids de ton absence me pèse chaque jour un peu plus.
Si jamais l’envie de revenir au château te prenait, sache que je serai là pour t’attendre.
 
Oscar.





5) Une attente impatiente






 
D’André à Oscar
 
Oscar,
 
Je n’arrive pas à croire que ce que tu m’as écrit est bien réel… Si tu savais comme ta lettre m’a rendu heureux ! J’espère avoir bien compris ce que tu as laissé entendre à travers tes mots voilés ; je t’en prie, avant mon retour au château de ton père, assure-moi que c’est bien ce que tu veux. En es-tu certaine, Oscar ? Et es-tu d’accord de tout reprendre comme avant ?
 
Peut-être à une exception près… Veux-tu bien de moi, Oscar ? Veux-tu accepter mon amour que, contrairement à tes dires, tu mérites pleinement ? Te sens-tu prête à concilier ton devoir qui t’est cher et ton bonheur ?
 
Je n’ai été qu’à moitié surpris lorsque j’ai lu que tu avais assisté à la course. Je t’avais vue… ou plutôt, je n’étais pas certain de t’avoir vue près de cet arbre, mais du plus profond de mon cœur j’avais espéré que c’était bien toi. Le savoir me procure un sentiment inexplicable, Oscar. Ton geste est significatif ; il t’a fait réfléchir, et il m’a apporté un espoir.
 
J’ai parlé au propriétaire pour lequel je travaille ; il est d’accord pour me laisser partir, bien qu’il soit un peu réticent. Il a peur de ne pas trouver « un aussi bon » palefrenier que moi, et je l’ai rassuré en lui disant que je resterai jusqu’à ce qu’il trouve quelqu’un pour me remplacer. Ce n’est qu’une question de jours.
 
Dans le même temps, j’ai tellement hâte de te retrouver que je ne peux plus dormir. J’ai cru comprendre que toi aussi, de ton côté, tu espères mon retour. Alors je voudrais te rassurer en te disant : « tu ne tarderas pas à me revoir ».
 
Tu dois juste m’assurer de ta patience et de la certitude de tes souhaits. Je n’aimerais pas que tu en viennes à les regretter un jour.
 
J’attends de tes nouvelles avec impatience.
 
André.






 
Billet d’André à Grand-Mère
 
Chère grand-mère,
 
Que de choses se sont passées depuis que j’ai reçu ton mot ! Je m’excuse de te répondre aussi tard, mais j’ai reçu une lettre d’Oscar qui m’a plongé dans un bonheur sans fin.
 
Oui, grand-mère, elle m’a enfin donné une réponse, et elle est très positive. Tu vois bien que ce n’était pas la peine de t’inquiéter autant. D’ailleurs tu te trompes, je ne passe pas mes journées dans un coin en rêvant d’elle. Je fais mon travail, et je te l’accorde, j’ai très souvent des pensées pour elle ! Avoue qu’il y a une petite différence !
 
C’était bien elle, à la course. Réalises-tu comme moi le symbolisme de ce geste ? C’est elle qui a voulu faire le premier pas concret. Elle avait envie de me voir. Et je t’avoue que plus les jours passent, plus j’ai du mal à tenir en place, moi aussi.
 
Je vais donc revenir très bientôt, je suppose que cela te réjouit. Au fait, Oscar est-elle déjà revenue de la caserne ?
 
Avec tout cela, j’oublie de te demander comment tu vas. J’espère que cette lettre te trouvera en grande forme.
 
Je t’embrasse.
 
André.




 
Réponse de Grand-Mère
 
Mon enfant,
 
Si tu savais comme ton mot m’a fait plaisir ! Il est très court, mais l’essentiel est là : tu vas bien, Oscar veut te revoir, et tu vas revenir au château des Jarjayes.
 
Je suis en excellente forme, grâce à vous deux. Ce que tu m’as écrit m’a fait le plus grand bien, et Oscar s’est de nouveau installé chez son père. La routine a repris le dessus, le château est un peu plus vivant et résonne du rire enjoué de notre Oscar, et bien sûr, le général est plongé dans ses papiers. Tout est exactement pareil au lendemain de ton départ, à une exception près : Oscar a retrouvé sa bonne humeur.
 
Je ne sais pas pourquoi je te parle du général, en fait son attitude n’a jamais été modifiée, même lorsque sa fille était partie. J’ai du mal à le comprendre. Je sais pertinemment qu’il est très attaché à Oscar, mais il ne l’a pas montré, ces dernières semaines. On aurait dit que son départ ne lui avait fait ni chaud ni froid.
 
J’ai justement demandé à Oscar pourquoi elle était revenue… Tu ne devineras jamais ce qu’elle m’a répondu : elle m’a dit en souriant « je crois que tu le sauras bien assez tôt ». J’avais quelques doutes, j’avais espéré que c’était peut-être ton éventuel retour qui l’avait poussée à habiter de nouveau au château. Et lorsque j’ai reçu ton billet, mes doutes se sont envolés.
 
Je suis tellement impatiente de te revoir ! Ne nous fais pas attendre trop longtemps, mon garçon, reviens-nous vite.
 
Ta grand-mère.









 
D’André à Grand-Mère
 
Chère grand-mère,
 
Je te remercie de te joindre à mon bonheur. Je n’ai malheureusement pas beaucoup de temps pour t’écrire, je dois accompagner mon propriétaire dans l’Ouest de la France ; il y a une importante course de chevaux dans trois semaines à Vannes.
 
Je dois t’avouer que cette nouvelle ne m’a pas beaucoup enchanté ; je pensais pouvoir vous retrouver rapidement, mais ce contretemps me force à te demander de communiquer cette adresse à Oscar : ………… C’est une auberge, j’y serai à partir de la semaine prochaine.
 
Oh, grand-mère, j’espère pouvoir vous rejoindre après cette course, c’est à dire dans environ un mois. Peux-tu expliquer cela à Oscar ?
 
Je dois déjà partir, on m’appelle.
 
A bientôt.
 
André.






 
D’Oscar à André
 
Cela fait deux semaines que tu es à Vannes ; je ne sais pas si je dois venir à cette course, j’ai très envie de te voir. Cependant il me reste un peu de lucidité pour comprendre que ce ne serait pas très sage. L’idée que tu pourrais deviner ma présence me serait insupportable, car tu parviendrais certainement à me trouver et tu me mettrais dans l’embarras le plus complet.
 
J’avais sincèrement pensé que tu ne m’avais pas vue, à la course de Versailles. Et je suis contente de savoir que tu avais espéré me rencontrer ce jour-là. Si cela avait été le cas, nous n’en serions pas là, à communiquer nos sentiments sur des bouts de papier alors qu’ils devraient être clairement exprimés avec plus de force.
 
Soit, je t’attendrai, André. Je t’attendrai avec le plus de patience possible, je te le promets. Je n’ai pas à m’inquiéter de toute façon, je sais que tu vas revenir et que ce n’est qu’une question de jours maintenant.
 
Par contre, je peux te dire que tu as très bien compris ce que je souhaite : je ne demande pas mieux que d’avoir le bonheur immense d’être auprès de toi tout le temps, toute la journée et toute la nuit… J’en suis absolument certaine, je n’ai jamais eu autant de certitude de ma vie : je veux partager ta vie, André, et bien plus qu’autrefois.
 
Je ne veux pas me soucier de mon devoir pour le moment. J’arriverai à m’en occuper, il suffira juste que je fasse la part des choses.
 
Et toi ? Que comptes-tu faire lorsque tu rentreras au château ?
 
Bien, je vais maintenant te laisser, je suppose que tu dois être occupé. J’ai moi-même des dossiers à consulter, alors je te dis à bientôt.
 
Oscar.








 
Billet d’André à Oscar
 
Oscar,
 
Tu as eu raison de ne pas venir à cette course ; j’aurais perdu tous mes moyens si j’avais eu le bonheur et le malheur de te voir.
 
Bonheur de savoir que tu étais là, si proche de moi, et malheur de perdre toute concentration. Tout s’est bien passé finalement, le problème est que le propriétaire ne m’a toujours pas trouvé de remplaçant. Il accueille des jeunes gens la semaine prochaine, et il insiste pour que je leur apprenne un peu comment s’occuper correctement des chevaux.
 
J’ai donc le regret de t’annoncer que je ne serai pas chez ton père avant deux semaines minimum. J’espère que tu ne m’en veux pas, Oscar.
 
Je dois t’avouer que je ne sais pas encore si je continuerai à travailler, une fois rentré chez ton père. C’est très probable, mais je n’ai pas eu le temps de chercher un autre emploi. Lorsque je serai sur place, j’aviserai.
 
Pardonne-moi encore pour ce retard.
 
André.






 
Réponse d’Oscar à André.

 
Ce n’est pas la peine de t’excuser. Toi seul est capable de décider de ce qui est bon pour toi. Je t’ai déjà dit que je t’attendrai, ne t’en inquiète surtout pas et passe ces deux semaines dans la tranquillité.
 
Avec tout mon amour
 
Oscar.








 
Billet de Grand-Mère à André
 
Mon petit,
 
Que s’est-il encore passé ? Tu as décidé de rester chez ton propriétaire ? Et moi qui croyais qu’après cette course à Vannes, tu reviendrais !
 
J’ai demandé à Oscar pourquoi tu tardais tant à venir, elle m’a répondu, impassible, que tu étais encore occupé et qu’elle pensait que tu arriverais dans quelques jours.
 
J’espère qu’elle dit vrai, André. Nous sommes toutes les deux impatientes de te voir, et tu sais qu’Oscar l’est encore plus que moi.
 
Ta grand-mère.






 
Réponse d’André à Oscar
 
Oscar,
 
Ces dernières semaines ont été les plus atroces de ma vie. Croire que j’allais enfin pouvoir te rejoindre, et finalement être retenu par mon propriétaire… Maintenant je sais que je suis enfin libre.
 
C’est terminé. Je reviens chez ton père, tu peux le dire à grand-mère, elle commençait à se poser des questions. Elle pensait que je voulais rester là-bas. Quelle idée ! Non, je ne veux pas être séparé de toi plus longtemps, Oscar.
 
En fait, tu ne devineras jamais d’où je t’écris ce mot…
 
D’ailleurs il est bien possible que j’arrive avant lui…
 
A très bientôt
 
André.


 
 

Fin.






Commentaire sur la fic:ici

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