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 Un Orage d'Eté Par Amarisee

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Nicole
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MessageSujet: Un Orage d'Eté Par Amarisee   Sam 24 Déc 2016 - 16:43

Un Orage d'Eté



Par Amarisee
 

Note: Pour Miranda.  Tu m'as fait penser à cette idée toute simple, mais qui me semblait si douce...  
 
******
C'était un soir de Juin comme il y en avait eu, cette année, beaucoup: la chaleur était presqu'insoutenable, et tous les Nobles de la Cour se demandaient s'ils pourraient supporter longtemps de se promener dans cet air humide dans leurs costumes d'apparats qui les faisaient suer à grosses gouttes.
 
Il était Six heures passées, mais, les journées étant fort longues en cette fin de mois, ils n'espéraient pas couper à la promenade finale que la Reine ne manquait pas de faire dans les jardins de Trianon.  Cette dernière aimait beaucoup la demeure de Trianon, moins formelle que Versailles, et venait y passer les journées les plus chaudes avec une certaine tranquillité.  D'abord parce que son entourage diminuait en s'éloignant de Versailles, et puis parce qu'elle pouvait aussi, le soir tombe, se promener seule et retrouver les sentiments qui avaient fait le bonheur de sa jeunesse.  Elle passait donc son Été plus ou moins éloignée de la Cour.  Les Nobles les plus fidèles (ou plus dans le besoin) ne manquaient certes pas de venir la visiter, mais en tout et pour tout, elle se tenait à l'écart de la politique cet été-là, et se disait que la Noblesse n'en mourrait pas si elle espaçait quelque peu les audiences.
 
Le Roi lui-même semblait travailler d'arrache-pied, et s'il n'était pas en réunion ou dans son cabinet, il aimait toujours à se rendre à sa forge ou il pouvait disparaître des heures...
 
Marie-Antoinette vit enfin la dernière dame de sa suite prendre congé, et elle appela alors sa femme de Chambre:
 
"- Pourriez-vous m'apporter une brosse à cheveux?  Il fait bien trop chaud et je vais défaire ma coiffure."
 
La jeune fille se hâta à l'intérieur du bâtiment alors que Marie-Antoinette elle-même s'empressait de retirer les nombreuses épingles savamment distribuées qui maintenaient sa chevelure dans ce chignon extravagant.  Lorsqu'elle vit la rivière d'or de ses cheveux s'écouler sur ses épaules, elle sentit sa tête plus légère.
 
La jeune servante était revenue et tendait à Sa majesté une brosse en écaille et en poil de Sanglier.
 
"- Je vous remercie, fit la Reine.  Je vais faire quelques pas.  Si l'on me demande, je serais près des anciennes écuries!
- Bien, Madame" fit la jeune fille en s'inclinant très bas.
 
Marie-Antoinette commença à se baisser pour retirer ses bottines, qu'elle déposa sur la petite table de jardin.  Puis elle procéda à l'enlèvement de ses bas.  Par une chaleur si humide, ils collaient atrocement à sa peau, et ils l'empêchaient de sentir l'herbe fraîche sous ses pieds.
 
Elle esquissa un petit sourire en pensant à la tête de ces dames "des bonnes manières" s'ils jamais elles avaient vent de ce comportement impudique.  Mais elle continua à ses promener dans l'herbe près des vieux hangars.  Le ciel semblait plus lourd et la chaleur montait, même si le soleil n'avait pas point à l'horizon depuis de nombreuses minutes.
 
Elle allait passer les vieilles écuries lorsqu’elle entendit la voix presqu'enfantine de sa fidèle femme de chambre:
 
"- Votre Majesté, Votre Majesté!  Vous avez un visiteur.  Je lui ai demandé de vous attendre, mais il m'a suivi!  Votre Majesté!"
 
Marie-Antoinette commençait à se demander qui pouvait être cet impudent visiteur du soir qui n'attendait même pas le bon vouloir de la Reine de France, cependant, lorsqu'elle aperçut la servante suivit d'un grand jeune homme souriant, elle en oublia jusqu'à son nom.
 
"- Monsieur de Fersen!  Comme il fait bon de vous revoir.  Vous n'aviez jamais daigne venir me voir dans ce cadre plutôt rural!
Comme cela me fait plaisir, je vais vous montrer, c'est très joli ici!"
 
Elle lui avait presque saute au cou, oubliant toutes les convenances.  Elle avait beau être Reine.  Ici, dans cette demeure au milieu de la verdure, elle se sentait avant tout femme.  Elle regardait Mr de Fersen bien dans les yeux et elle avait presqu'envie de pleurer.
 
Le jeune homme Suédois, lui, avait aussi de la peine à cacher ses sentiments, et ses yeux étaient un peu plus humides et brillants que de coutume:
 
"- Votre Majesté est trop bonne, je vous remercie de votre accueil alors que je me suis permis d'être si peu civil avec votre hospitalité.
Je tenais tellement à m'entretenir avec vous loin des oreilles de Versailles, aussi ai-je attendu!
- Et bien alors, vous avez fort bien fait!  Juliette, rentrez donc à la maison, rassurez-vous, je suis en de bonnes mains avec Mr le Comte de Fersen.  Nous allons poursuivre notre petite promenade ensemble!"
 
La jeune fille ne demanda pas mieux et disparut sans demander son reste.  Pourtant, elle avait gardé les yeux grand-ouverts comme des soucoupes.  Ils étaient si transparents.  Etait-ce tellement mal d'aimer et d'être aimée, même si l'on est la Reine de France.  Mais Juliette n'était pas de nature bavarde, et, bien que connaissant le cœur de sa Maîtresse, elle prenait bien soin d'éviter tous les ragots.
Elle pénétra dans la vaste demeure avec un petit sourire de bonheur à voir ces deux êtres que rien ne destinait, partager ces quelques brefs moments de bonheur, et il ne lui venait pas à l'idée de le leur reprocher.
 
******
Oscar François de Jarjayes venait de finir une journée difficile.  Même les plus disciplines des hommes, sous l'emprise des éléments, et particulièrement de la chaleur, pouvaient se montrer difficiles, et elle en avait fait les frais cet après-midi-là.
 
Finalement, elle s'apprêtait à donner l'ordre à André de se préparer à rentrer au domaine Jarjayes lorsqu'elle sentit les premières gouttes de pluie tomber.  Il ne fallut que quelques secondes pour qu'un torrent ne commence à se déverser.  Elle regarda autour d'elle.  Prudent, son compagnon André avait reconduit les chevaux a l'écurie et se disait qu'il vaudrait mieux attendre quelques
minutes.  A moins d'un orage complet, a continuer de la sorte, il faudrait bien que la pluie s'arrêtât bientôt.
 
Mais il leva le nez vers le ciel et seul un éclair lui répondit.  Lorsque le tonnerre commença à éclater, il prit en main les chevaux qu'il tenait toujours et les conduisit chacun vers leur stalle.  Enfin, il prit grand soin, tout en leur parlant d'une voix douce pour les calmer, de les attacher à une solide longe et vérifia qu’ils ne pouvaient se blesser.  S’il venait à tonner trop fort, lui-même ne pourrait pas les contenir à la main et pourrait même risquer un accident fatal.  Il les laissa ainsi apprêtés avec regret, puis sortit des écuries pour courir malgré la pluie torrentielle vers les marches de l'entrée Sud ou l'attendait Oscar.
 
"- La parfaite conclusion d'une parfaite journée, fit celle-ci en le regardant s'ébrouer comme un jeune chien.
- Je te ferais quand-même remarquer que moi, je ne t'ai rien fait, et pourtant je prends la pluie de la sorte pour t'être agréable.
- Tu as tout à fait raison, comme toujours, mais je te ferai remarquer que je ne tire aucun plaisir de tes misères, par contre..." continua-t-elle en désignant du menton un petit groupe qui venait d'apparaître, ruisselant, au beau milieu de la tempête.
 
Le petit groupe se composait de trois femmes en tenues sans doute au préalable impeccables, mais dont les robes pastel avaient pris un air boueux, collant aux membres et difficiles à déplacer et qu'elles essayaient de relever pour parcourir les quelques pieds qui les séparaient de la sûreté.  Leurs perruques étaient défaites et le fard de leurs yeux coulait à présent sur les joues et se retrouvait même parfois en une tache sombre sur leurs robes mouillées.  Auprès d'elles, deux gentilshommes en redingotes sombres, qui avaient dû avoir fière allure, ressemblaient à présent à de maigres moineaux, les queux de leurs vestes pendant lamentablement et versant l'eau qu'ils recevaient dans la figure, la tête droite, essayant de cacher leur mine déconfite.
 
André regardait ce tableau en essayant de se contenir de rire, mais Oscar avait sur son visage le plus lumineux des sourires, et ce fut assez pour l'entraîner.  Les deux amis froncèrent les sourcils et se dirigèrent vers l'intérieur du palais.  Ils reviendraient au Château Jarjayes plus tard.
 
Oscar se dirigeait vers le cabinet de lecture lorsqu'elle fut interpellée par l'un des "moineaux" qui venait de gagner le nid sec.
 
"- Mon Colonel!  Nous désirions vous parler.  En tant que responsable de la Garde Royale, je suis sure que vous vous inquiétez de la Sécurité de Leurs Majestés.  Sa Majesté le Roi est bien ici à Versailles, mais nous venons de quitter le Petit Trianon ou séjourne la Reine.  Il n'y a malheureusement ni gardes, ni nombreux serviteurs, c'est un service de stricte minimum, mais vous comprendrez bien qu'en de telles circonstances, nous nous faisions du souci pour notre souveraine.  Nous l'avons quitté il y a a peu près une heure et demi, et elle se retrouvait alors seule.  Avec cette tempête, Dieu sait ce qui pourrait arriver à Trianon... il y a déjà deux arbres d'abattus près de l'entrée de Versailles, c'est pourquoi nous avons dû marcher..."
 
Oscar regarda le singulier petit homme.  Il ressemblait effectivement à un petit oiseau mal nourri, mais il y avait aussi en lui un véritable trait d'honnêteté.  Oscar comprit que le souci était réel.  Après avoir remercié le petit homme, elle se retourna vers André qui était toujours à ses cotes:
 
"- Ne bouge pas, André, je vais demander permission de partir en mission de reconnaissance pour m'assurer de la sécurité de Marie-Antoinette.  Si je dois partir en plein milieu de cette tempête, je crois bien que j'aurais besoin de ton aide.  Voudrais-tu m'accompagner?
- Bien sûr, Oscar, tu sais très bien que je ne pourrais te laisser seule affronter cette tempête et que je suis toujours avec toi!".
 
André avait dit ces mots avec un ton sur et Oscar, qui aurait autrement rétorqué qu'elle n'avait pas besoin d'être ainsi toujours accompagnée, se tut pourtant et ne fit qu'acquiescer d'un petit mouvement de tête.
 
Plusieurs minutes plus tard, elle entraînait son compagnon vers les écuries.  Monter à cheval dans ce déluge prouverait fort intéressant...
 
******
"- J'ai froid, je crois que je vais attraper mal au bronches!
- Prenez donc ma veste, Madame, je vous en prie.  Je ne me pardonnerais jamais si vous deviez attraper mal par ma faute.
- Non, Monsieur, cela vaut bien la peine de passer quelques minutes seule avec vous.  Cela vaut toutes les tortures du monde.
- Ne dites pas cela, je ne vous veux aucun mal.  Ne pouvons-nous pas nous aimer comme tous les autres!!!!
- Oh, Fersen!"
 
Marie-Antoinette était trempée jusqu'aux os.  Elle avait revêtu la veste puis le manteau du Comte de Fersen et pourtant elle grelottait.
Ils s'étaient retrouvés emporter par une méchante bourrasque alors qu'ils s'éloignaient des hangars et le jeune homme avait dû s'accrocher a une porte mal fermée de ses deux poings pour les maintenir en place.  Ils avaient réussi à se glisser à l'intérieur du hangar, mais la toiture s'en allait déjà pan par pan et la méchante pluie se rapprochait d'avantage, le vent glaçant la chair de la jeune femme, dans ses vêtements mouilles.
 
Ils se tenaient dans le coin le plus loin de la porte, l'un contre l'autre.  Fersen regardant cette femme qui semblait ne pas trembler que de froid.
 
"- Je vous en prie, au diable la modestie!  Madame, il vous faut vous débarrasser de certains de ces atours.  Ils sont pleins d'eau et ne font que vous refroidir.
-  ...  co... comment?...
- Si vous enleviez vos jupons mouilles, peut-être même votre châle, vous pourriez ainsi vous sécher quelque-peu.  Je ne dis cela que pour votre bien.  Il n'y a que cela qui m'intéresse...
- Bien, Monsieur, vous avez probablement raison... comme je me sens si stupide... dans une situation pareille.
- Mais je la bénis, Madame, car elle a réuni nos cœur.  Pour l'instant, pourtant, occupons-nous plutôt des corps..."
 
La Reine s'appuya contre le torse du jeune Suédois pour retirer en effet deux jupons trempes, et se blottit ensuite contre sa poitrine.
 
"- Votre amour, Monsieur, est déjà bien assez pour me réchauffer."
 
Et il avait d'un doigt levé son visage vers le sien et poser ses lèvres sur les siennes.
 
******
"-Oscar, attends-moi!" criait le jeune homme à la furie blonde qui galopait malgré les bourrasques de vent.
 
"- André, dépêche-toi, plutôt!  Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d'attendre!
- Certes, mais je ne vois pas de quelle aide nous pourrions être si nous nous blessons parce que nous ne faisons pas suffisamment attention!
- Tu... tu as raison" Capitula la jeune femme, en tirant les rênes pour ralentir sa monture.
 
Les chevaux étaient d'un nerveux extrême, le moindre mouvement de branches sur les côtes du chemin que les cavaliers empruntait à vive allure, et ils pourraient se lever ou, avec cette chaussée glissante, en venir à tomber.  Le vent battait les grands arbres et envoyait parfois des bouts de bois volé en direction des deux amis, qui arrivaient à peine à se tenir en selle.
 
Finalement, malgré les éléments déchaînés, ils arrivèrent en vue d'une grande demeure et passèrent le portail imposant.  Ils mirent pied-à-terre et se précipitèrent vers la porte.  On leur ouvrit avec difficulté tant le vent contraire avait force.
 
Une jeune femme, visiblement apeurée par la démonstration de la nature, leur raconta d'une voix rapide et pleurnicharde que sa Maîtresse était partie marcher dans le petit parc.  Elle avait parlé des hangars, et aussi des écuries.
 
Oscar regarda André, puis lui fit signe de la suivre.  Se dirigeant vers la porte, elle dictait son plan:
 
"- Nous ne pouvons utiliser les chevaux, cela aurait été plus rapide, mais je ne pense pas qu'ils tiendraient une minute de plus.
Nous irons donc jusqu'aux premiers bâtiments ensemble, ensuite, nous nous séparerons.  Tu iras voir les écuries actuelles, j'irai voir
le vieux hangar..."
 
Oscar ne s'était même pas retourne en donnant ses ordres, mais elle fut surprise lorsqu'elle sentit une main retenir son avant-bras, l'empêchant ainsi d'aller plus loin.
 
"- Oscar, je suis désolé de te contredire, mais dans cette tempête, je refuse absolument de te laisser aller seule!
- André, je ne suis plus une enfant, je suis capable d'éviter quelques branchages volant dans ma direction! Ce n'est pas le moment de faire du sentiment!
- Ce n'est pas du sentiment, Oscar, c'est du cote pratique dont je te parle.  Il ne va pas être aise de se frayer un chemin jusqu'à n'importe quel bâtiment.  Ils ne sont pas si éloignés, donc cela ne nous prendra pas plus de temps, mais songe que si l'un de nous est blesse, que fera l'autre?  Et comment saura-t-on si l'autre a trouvé Marie-Antoinette?
- Je... je dois admettre que c'est très vrai.  Très bien, reste avec moi, mais ne lambine pas, tu m'entends?
- Bien sûr!"
 
Oscar n'en était pas sûr, mais elle aurait pu jurer qu’André avait prononcé ces derniers mots d'un ton presque joyeux.
 
Enfin, ils poussèrent avec peine la porte et sortirent dans le froid glace.
 
Le vent semblait redoubler de colère comme pour les accueillir.  Oscar jeta un bref coup d'œil derrière elle.  André, bien que mouille jusqu'aux os, semblait déterminé et ne la quittait pas des yeux.  Elle lui tendit la main.  Il la prit avidement.  Après tout, c'était le moyen le plus sûr de ne pas se perdre...
 
Les deux amis zigzaguaient d'un arbre à l'autre, se posant pour l'espace d'une seconde à l’abri du tronc, avant de progresser en avant.
 
"- Oscar, il y a une porte rouge droit devant, ce doit être un vieil entrepôt!" indiqua la voix d'André, a peine audible au milieu du tonnerre qui retentissait de plus belle.  Oscar fit un petit signe de tête et lui intima l'ordre, d'une pression dans la paume de la main, de poursuivre jusqu'au premier bâtiment.
 
Elle avait presque' atteint la porte, le bras lance en avant pour tirer le loquet et l'ouvrir, lorsqu'elle sentit une pression la ramenant trois pieds en arrière.  Une branche grosse comme le tronc d'un homme venait de rouler à terre et avait heurte André à l'épaule et au ventre.  La branche avait roulé, mais le jeune homme se retrouvait à terre.  Oscar tira sur son bras et André se redressa avec peine pour tituber jusqu'à la paix relative de l'entrepôt.  Celui-ci était vide, mais sec.  La toiture avait tenu le coup.  L'air était pourtant difficilement respirable, épais et trouble.  Sans doute le bâtiment avait jadis servi à entreposer le grain, et la farine et la sciure avaient été soulevées par la tempête.
 
Mais cela importait peu à Oscar en cette minute.  Elle venait de s'accroupir près de son compagnon qui se tordait de douleur.   Une méchante tache rouge dénonçait un saignement qui semblait déjà s'aggraver.  Pourtant, voyant l'air inquiet de sa compagne, il essaya un sourire, mais termina en grimace devant la douleur.
 
Oscar s'était déjà saisie du manteau de ce dernier et essayait de l'enlever en sollicitant le moins de mouvements possibles.  Il y avait une grande déchirure a la taille, mais elle ne semblait pas profonde, par contre, elle n'arrivait pas avoir parmi les pans de la chemise d'André la blessure d'où semblait venir tout ce sang.
 
"- André, je vais essayer de retirer ta chemise, ne bouge pas."  Le ton était très préoccupé.  Cela glaça le sang d'André.
 
Comme il avait fait faute à Oscar.  D'abord en proposant son plan, et puis en se faisant blesser, voilà qu'il l'empêchait maintenant de mener ses recherches à bien.
 
"- Je ne suis qu'un imbécile!" murmura-t-il pour lui-même entre ses dents.
 
Mais il n'avait sans doute pas baisse suffisamment la voix.
 
"- Quoi?  Qu’as-tu dit, André?  Et Oscar avait relevé les yeux pour les plonger avec dureté dans ceux du jeune homme, je ne te permets pas de faire ce genre de commentaires.  Je refuse que tu penses de la sorte.  Cela aurait pu arriver à n'importe qui et cela montre bien que ton plan était le meilleur!"
 
Et elle arracha les derniers pans de chemise, élicitant un cri animal d'André, qui serrait les dents.  La blessure était noire de sang, et profonde.  La branche avait broyé la chair, et laisse des épis de bois dans la longue entaille.  Oscar détourna la tête devant le spectacle sanglant.
 
"- Mon Dieu, André, tu aurais pu perdre le bras... je...je suis désolée, je suis désolée..."
 
Ce fut au tour d'André de se montrer ferme.  Il regarda son épaule, puis retira deux ou trois morceaux de son bras valide.  Il prit un morceau encore intact parmi les lambeaux de sa chemise sur le sol, le mouilla un peu, puis attacha solidement du mieux qu'il pouvait d'une seule main, son épaule meurtrie.
 
"- Oscar, maintenant tu vas m'écouter!  Jamais la voix d'André n'avait eu un accent plus héroïque.  Il faut que tu resserres ce bandage du mieux que tu peux.  Ensuite, nous sortirons et irons voir la fin de ces bâtiments!  Je vais bien, ce bandeau de fortune tiendra bien pour le temps de notre expédition!".
 
Oscar se retourna pour le regarder.  Elle se rapprocha et tira sur les deux morceaux de tissus qui formaient le nœud du bandage, et eut du mal à réprimer un haut-le-cœur devant l'état de la blessure, mais elle voyait maintenant André d'un tout autre œil.
 
Jetant un œil critique derrière elle, et voyant André qui s'efforçait de la suivre pas pour pas, elle poussa la porte et commença sa lutte contre le vent.  A gauche, il y avait une petite porte battante près d'un hangar à moitié emporte.  Elle attendit, au risque de se faire enlever par une bourrasque, qu’André fut à sa hauteur, puis poursuivit jusqu'à l'entrée.
 
Lorsqu'elle poussa le battant, elle n'aperçut rien.  Tout était sombre et la pluie semblait redoubler dans le local presque sans toit.
Puis sa vision s'habitua aux nuances sombres et elle remarqua une étrange vision dans le coin le plus éloigné de la pièce.
 
Une jeune femme, a peine vêtue!, se réchauffait sur le cœur de son amant dans une étreinte sensuelle.  Leurs lèvres étaient jointes en une prière l'un pour l'autre, et ce spectacle apportait un éclat de lumière à ce jour pourtant sombre.  Ils n'avaient pas vu l'intrus et continuaient de puiser de la force l'un dans l'autre.
 
Aussitôt, Oscar comprit.  Elle vit toute la douceur de l'amour, toute la passion du désir.  Tous ces sentiments qu'elle s'était efforce de refouler depuis son plus jeune âge, mais qu'une seule personne avait pourtant réussi à mettre à jour: Fersen.
 
Et Fersen était là, avec la Reine, démontrant son cœur et l'élan de ses sentiments.
 
Jamais Oscar n'avait ressenti une telle peine.  Un poignard aurait pu lui transpercer le cœur qu'elle l'aurait à peine senti.  Elle était vide.  Tous ces sentiments dont elle voulait se défaire, ils venaient justement de lui être arraches, et elle ne comprenait pas... cela faisait si mal!  Elle avait devant elle le portrait de l'amour, elle connaissait l'attirance du jeune Suédois pour Marie-Antoinette, alors pourquoi cette image lui glaçait-elle le sang?
 
Elle ne dit rien.  Blanche de honte de s'être laissé aller à montrer ses sentiments, elle se retourna brusquement et ouvrit la porte vers l'extérieur, les yeux pleins de larmes, bousculant un André ébahi, et le laissant pour compte alors qu'elle disparaissait parmi les éléments déchaînés.
 
 

Suite: Tempête intérieure

*** Lady Oscar Lady Oscar ***


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