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 Correspondance par Emilie

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Nicole
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MessageSujet: Correspondance par Emilie   Jeu 4 Déc 2014 - 20:15

"Correspondance"



par Emilie




Il existe quelques mots qui expriment plus que tous autres ce que fut la vie d’une femme, Oscar François de Jarjayes ; "elle a traversé nos vies comme un éclair. Et pourtant, son souvenir restera à jamais gravé en nous."

Fabien de Pondriac nous en donne encore la preuve.





A Mme la Marquise Yllimé de Sagrav Ponchiaz,

De M. le Comte Fabien Alban de Pondriac.







Ma Chère Amie,



Qu'il est doux de vous écrire, et pourtant je ne peux empêcher la mélancolie de s'emparer de moi lorsque je pense à vous. Vous est-il encore souvenance de l'époque bénie ou nous jouions ensemble à travers les bois et les champs ? Hélas, le temps a passé et vous a arraché à moi, lui qui vous a fait épouser ce noble espagnol. Se lamenter ne nous sert donc à rien, mais Dieu m'est témoin que votre sourire et votre esprit me manquent.

Pourtant, ce ne sont pas les occupations qui font défaut, à Versailles. On y danse, on y jase, on y complote. Sans doute, même de votre lointaine Saragosse, avez-vous entendu parler des amours de la reine avec ce noble Suédois, le comte Hans Axel Von Fersen. Cependant, personne n'est sûr de cette liaison que tout un chacun critique, et aucun des courtisans de la cour n'oserait s'avancer à l'affirmer. Nul ne sait rien, en fait, mis à part, peut-être, le plus proche des confidents de la reine et son messager, qui n'est autre que le colonel de la Garde Royale, Oscar François de Jarjayes. Vous ai-je déjà parlé de lui ? J'en doute, car, contrairement à la majorité des gens de sa condition, il n'aime pas à se faire remarquer.

Néanmoins, il mérite mon attention et la vôtre, ne serait-ce que par son lignage. En effet Monsieur descend d'une des plus vieilles noblesses de France ; noblesse militaire, cela s'entend. Tout jeune d'ailleurs M. de Jarjayes honorait sa famille en sauvant la future dauphine de France, Marie Antoinette. Bien vite, il monta les étages de la hiérarchie jusqu'à devenir Colonel. Je me rends compte que la description que je vous en fais n'est pas très vivante. Et pourtant, Madame, je suis certain que vous vous entendriez à merveille avec lui. D'ailleurs, quelle femme ne voudrait pas s'entendre avec Oscar de Jarjayes ? Je vous avoue sans honte que je le dis avec une pointe de jalousie. Mais il est vrai que la nature a comblé ce jeune homme de toutes les grâces. Sa prestance est impressionnante, et il n'est pas une conversation qui ne marqua une pause lorsqu'il traverse la galerie des glaces. Mais en plus de cette beauté purement physique, Oscar de Jarjayes en possède une seconde, autrement plus louable et plus rare. Il a ce qu'on appelle la beauté du cœur. Jamais on ne trouvera homme plus droit, plus juste et plus sincère dans ses actions. Son esprit est redoutable pour qui s'y pique, et ses paroles n'ont pas toujours la douceur sucrée de la langue des courtisans. Si je me souviens bien, ma chère amie, ce sont là des qualités qui vous agréent, tout comme à moi d'ailleurs. Mais n'y a t-il pas de quoi en éprouver quelque jalousie ?

Ma plume m'entraîne et tout à l'éloge de ce noble gentilhomme j'en oubliais presque la raison de ma missive. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, et après des années d'un célibat délibéré et heureux, je suis tombé amoureux. Et de qui donc me demanderez-vous ? De la personne la plus digne d'amour et la plus inaccessible. D'Oscar François de Jarjayes. Je vous vois d'ici sursauter et m'empresse de vous rassurer. Je ne suis pas encore fou et encore moins adepte de certaines pratiques prônées par le marquis de Sade.

J'ai simplement eu, hier, la confirmation de ce dont je me doutais depuis un certain temps déjà, à savoir que l'héritier des Jarjayes est une femme. J'avoue ne pas comprendre les raisons qui ont poussé le Général à contrarier ainsi les lois de la nature. Pas plus que je ne m'explique le fait que personne n'ait pu se douter de ce que je sais à présent avec certitude. Comprenez-moi Madame, elle est tellement belle ! Nul uniforme ne saurait masquer la grâce qu'elle dégage, la finesse de ses traits ou encore la blancheur de sa peau. Mais sans doute seul le fait que je la connaisse sous son véritable jour me permet de dire ça. Cela fait 10 ans à présent que je connais Oscar de Jarjayes. Et oui, il m'aura fallu dix années pour la percer à jour. C'est qu'elle est tellement secrète, et son éducation militaire est si parfaite ! Rarement on aura vu colonel plus rigide et plus apte à commander. Et pourtant le temps et l'habitude m'ont permis de remarquer dans son regard certaines choses qui n'ont rien de masculin. Comment vous dire ? C'est une certaine douceur au fond des yeux.... Un peu comme celle que vous aviez, il y a cinq ans, lorsque nous nous sommes revus et que vous m'avez parlé de votre pays d'origine, la sauvage Gascogne. Jamais je n'oublierais l'expression que vous avez eue ce jour-là et que je reconnais, parfois, en Oscar de Jarjayes.

Comme le temps s'écoule vite en votre compagnie ! Charles vient de m'apporter un candélabre et c'est à cette intervention seule que je dois d'avoir remarqué que la nuit était tombée. Cela me rappelle que le temps passe et que je ne vous ai toujours pas dis ce qui a fait naître en moi la certitude que j'ai à présent de la véritable identité d'Oscar.

Hier soir un bal était donné à Versailles, ressemblant à s'y méprendre à celui qui vous avait tant impressionné il y a quelques années. Seuls les visages avaient changés. On y retrouvait les mêmes danses, les mêmes apparats, les mêmes jalousies et les mêmes mesquineries qu'à l'accoutumé, quand soudain une femme a fait son apparition à l'entrée de la salle de bal. Des murmures se sont propagés de la bouche des uns à l'oreille des autres. Je n'ai retenu qu'un seul mot, lequel était l'écho de mes propres pensées : 'Un ange'. Comprenez-moi, chère Yllimé, cette femme ne ressemblait à rien de tout ce que j'avais pu voir auparavant. Elle était réellement magnifique mais ne semblait pas avoir conscience de sa beauté. Elle ressemblait, par son attitude, à une toute jeune fille, timide et pure. Elle gardait les yeux baissés, mais ce fut un choc pour moi quand elle leva son regard océan. Ces yeux la, il n'en existait pas deux paires pareilles. C'était Oscar de Jarjayes. Une Oscar transformée et rayonnante. Mais à quoi cela vous servirait-il que je vous dise qu'elle est blonde aux yeux bleus ? Des femmes comme ça il en existe des dizaines à la cour. Non, il vous faudrait la voir pour comprendre pourquoi mon cœur s'est emballé... Puis s'est brisé.

En effet, elle ne sera jamais à moi. Son âme est déjà trop emplie d'amour pour un autre que moi. Si elle était venue ainsi, c'était pour faire battre le cœur d'un homme, et ce n'est que pur hasard si le mien s'est trouvé emprisonné. Vous ne devinerez jamais de qui elle s'est éprise.... Du comte Axel de Fersen. Et oui, de l'amant supposé de la reine. Ce fat a eu la chance de danser avec elle et je crois sincèrement qu'elle a atteint son but. Mais quand il a semblé la reconnaître, elle s'est enfuie. Peut-être s'est-elle rendu compte de l'erreur qu'elle commettait...

Je n'arrive pourtant pas à me réjouir de cet incident qui, somme toute, devrait me rendre joyeux. Moi, l'éternel nombriliste je préfère son bonheur au mien. Je la veux heureuse, même si ce doit être avec un autre. Par ailleurs, j'ai cru remarquer que deux autres hommes, au moins, connaissaient sa véritable identité et aimaient ce qu'elle était. Ils n'y qu'à voir la façon dont ils la couvent du regard pour s'assurer de leur sentiments. Le Comte Victor Clément de Girodelle d'abord. Je crois d'ailleurs me souvenir que vous êtes apparentée à cette famille. N'est-il pas un de vos cousins éloignés ? J'aime beaucoup ce garçon à l'esprit fin et éveillé qui lui donne son amour sans rien en demander en échange. En effet, vous ai je dis qu'il travaillait sous ses ordres ? Je pense qu'il ne lui avouera jamais son amour. Et même s'il le faisait, cela ne changerait rien. Elle ne l'aime pas plus qu'elle ne m'aime moi.

Mais je vous ai parlé d'un autre homme. C'est son domestique, un ami d'enfance parait-il. Il lui a sauvé la vie à plusieurs reprises et ces simples actions rachètent à mes yeux le fait qu'il ne soit pas né noble. Faut-il que je l'aime, devez-vous penser, pour que j'accepte de m'effacer devant quelqu'un qui, sommes toutes, n'est qu'un roturier. Oui, je l'aime, et plus que tout au monde. Mais d'autres raisons me poussent à reconsidérer ma position de royaliste convaincu. Cette simple phrase suffirait à me faire envoyer à la Bastille si mon courrier était intercepté. Mais qu'importe, il est temps que vous le sachiez. Les caisses de l'Etat sont vides et le trône vacille. On dit que c'est la faute à l'Autrichienne. Honnêtement, je ne sais pas. Mais il est une chose qui est sûre, le peuple s'agite, et à juste titre. Il a enduré trop de souffrances et cela ne peut plus durer. C'est la mort dans l'âme que je me résous à l'écrire, mais je pense que bientôt la noblesse française va s'effondrer, victime de son aveuglement et de sa folie.

Et pourtant, me croirez-vous si je vous disais qu'au milieu de cette tourmente je ne pense qu'à elle ? Oscar est noble aussi, et elle risque de payer pour des fautes que elle, elle n'a pas commis. Je voudrais pouvoir la sauver mais y suis impuissant. J'ai longtemps réfléchi et, aussi étrange que cela puisse paraître, j'en suis arrivé à la conclusion que seul ce domestique le pourrait, en lui donnant son nom et enlevant par la même cette particule qui, sinon, la mènera à sa perte. Dieu seul sait combien je hais et envie cet homme à la fois. Je ne peux supporter l'idée qu'il la tienne dans ses bras alors que moi je n'aurais même pas eu la chance de pouvoir en rêver. Et puis, après tout, a-t-elle vraiment besoin de quelqu'un ? Je n'ai jamais vu tant de force habiter quelqu'un. Et n'oublions pas qu'elle a reçu une éducation militaire. Je la crois capable de se sortir de toutes les situations si elle en a la volonté, même si ce devait être d'une révolution comme celle qui a bouleversé les lointaines Amériques.

Mes paroles doivent vous paraître bien insensées, chère Yllimé, et pourtant je crois être le seul à voir ce qui se trame. Je suis sûr que si vous reveniez en France vous en reconnaîtriez pas votre pays, jadis bénis des dieux. La famine règne, le pain manque et si l'on déteste la reine, on critique le roi, ce qui est bien pire. Les Autrichiennes n'ont jamais été très aimées en France, ce n'est pas nouveau. Mais le roi est l'envoyé de Dieu sur terre. Qui se permettait de contredire Dieu avant ?

Pour la première fois de ma vie, je ne sais plus. Dois-je quitter la France dès à présent ? Ceux qui le feront au beau milieu de la tourmente seront appelés des traîtres à la couronne, et je préfèrerais braver la mort, vous le savez bien, plutôt que d'exposer mon nom à cette souillure. Bien sûr, on ne dira pas ça de moi qui serais parti plus tôt, mais le serais-je moins pour autant ? Malgré ce cas de conscience, je serais sûrement parti si elle n'avait pas été là. Je parle d'Oscar de Jarjayes, bien sûr. Je suis presque sûr de lui n'être d'aucune aide, mais qui sait ? Si elle avait besoin de moi et que je n'étais pas là, je m'en voudrais le restant de mes jours. Qui sait ? Peut-être un jour prochain aura-t-elle l'usage de quelqu'un qui possède l'oreille du roi ? Mais je tiens quand même à ma vie et ai peur de la perdre dans la tourmente qui approche.

Je me rends compte que je n'avais pas la moindre intention de vous confier tout cela lorsque j'ai commencé cette lettre. Je m'étais promis de ne jamais rien dire, à personne. Mais mon cœur n'a pu cacher la vérité à celle qui est sa plus chère amie. Et je suis soulagé à présent que je ne garde plus seul ce secret trop lourd à porter. Oui, je suis heureux que vous sachiez, car je puis à présent quérir vos conseils qui ont toujours été si avisés par le passé. Que dois-je faire ma chère amie ?

Il est à présent temps de vous quitter, en espérant recevoir bientôt de vos nouvelles.


Votre dévoué,


Fabien de Pondriac



NB : La marquise répondit à Fabien de Pondriac. Dans sa lettre, elle lui conseillait vivement de quitter la France et lui proposait de venir vivre sur ses terres et celles de son mari, en Saragosse. Mais pour des raisons aujourd'hui encore inconnues, il resta en France. Ses idées pacifistes et sa bonne volonté évidente envers le Tiers lui permirent, dans un premier temps, d'échapper à la Bastille. Mais cela ne devait pas durer. Lors de la Grande Terreur, et plus précisément le 18 Juillet 1794, il fut emmené en place de Grève et Guillotiné.


Fin

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