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 Ce soir de Bal par Emilie

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Nicole
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MessageSujet: Ce soir de Bal par Emilie   Jeu 4 Déc 2014 - 19:52

"Ce soir de Bal"



par Emilie




« Je l’aime depuis toujours. D’aussi loin que je me souvienne, ma seule préoccupation a été son bien-être, et ma seule récompense, son sourire. Que s’est-il passé ce soir-là ? Elle n’était plus femme, elle était déesse. Elle n’était plus mon amie d’enfance, mon Oscar, mais une inconnue à la beauté troublante. Je l’ai laissée partir, princesse étrangère, pourtant si proche et j’ai attendu son retour les larmes au cœur et les yeux brûlants. »


Le bruit léger d’une porte s’ouvrant avertit André du retour de celle qu’il attendait. Il avait deviné qu’Oscar passerait par une porte dérobée, c’est pourquoi il l’avait attendu en cuisine. Le jeune homme eu à nouveau, pendant un court instant, l’impression de se retrouver face à un elfe, à la grâce surnaturelle. Puis la porte claqua, et le juron étouffé qui se fit entendre lui confirma l’identité de la visiteuse nocturne. C’est alors qu’Oscar se retourna, et qu’elle vit André. Comme prise en faute, elle rougit et cacha ses mains gantées derrière son dos.

« -André ? Que diable fais-tu là à cette heure de la nuit ? »
L’interpellé eut un fin sourire et répondit :
«- Une petite faim. Et toi, comment s’est donc passé ta soirée ?
-Bien
_Bien ? C’est peu dire. Tu ne veux vraiment pas m’en révéler plus ? Combien de cœurs as-tu charmé ? Fersen était-il là ? »

La dernière question serra la gorge d’André, mais la réaction qu’elle engendra, bien que ce fût celle qu’il escomptait, lui fit encore plus mal. Oscar le regarda d’un air furibond et dit d’un ton tranchant :

« -Je n’ai pas de comptes à te rendre André, que je sache. Garde donc tes questions. Je vais me coucher. »

Puis elle s’en fut rapidement, a démarche raide et saccadée. André resta un moment seul dans la cuisine, se maudissant intérieurement. Pourquoi avait-il réagit comme cela ? Il ne voulait pas l’agresser, ni la vexer… Il avait besoin de savoir. Elle ne pouvait qu’avoir été remarquée. Mais par qui ? Avait-on pu la reconnaître ? C’est l’esprit emplis de doutes qu’André se décida à aller se coucher. Se faisant, il passa devant la porte de la chambre d’Oscar et remarqua la rainure de lumière qui s’en échappait. Ainsi, elle ne dormait pas encore. A quoi pouvait-elle donc songer ? Incapable de résister, le domestique frappa à la porte de son maître. Le silence qui lui fit écho lui sembla assourdissant. Il insista, cognant un peu plus fort, et la voix d’Oscar lui répondit, lasse et comme assourdit.

-« Entre, André. »

Il obtempéra avec joie et pénétra dans le boudoir d’Oscar, cette pièce chaleureuse, si pleine de souvenirs, qui était adjacente à la chambre. Son amie était là, blottie dans un fauteuil, face à la cheminée éteinte. Sa robe de bal traînait à terre, comme si elle avait été jetée à la hâte, et André remarqua qu’Oscar portait à présent son vêtement de nuit, lequel était en fait une longue chemise qui la recouvrait entièrement. Elle se retourna brièvement vers lui et lui indiqua de prendre un siège. Mais André n’en fit rien. Il alla s’asseoir par terre, en face d’elle, et la regarda. Elle avait pleuré, les larmes séchées sur ses joues l’attestaient, mais elle avait dû essuyer ses yeux avant qu’il n’entre. Elle lui sourit néanmoins et demanda :

« -Alors, André, pourquoi es-tu venu ?

-Je m’inquiétais pour toi, voilà tout. J’ai vu de la lumière sous ta porte et je me suis demandé si tu n’étais pas malade. »

Mais le regard d’Oscar cessa soudainement d’être vague et alla se fixer sur celui d’André.

« -Pas de ça entre nous, je t’en prie. On se connaît depuis trop longtemps et sans doute un peu trop bien. Je te demande donc d’être honnête, au nom de notre amitié. »

André se leva brusquement, serra les poings et se dirigea vers la fenêtre. Cette phrase était de trop, sa patience avait fait long feu. La voix du jeune homme n’était plus qu’un sourd grondement quand il répliqua :

« -Notre amitié, notre amitié ! J’admire la façon dont tu sais mettre ces termes en avant lorsque tu en tires avantage. »

Oscar fut blessée du ton que venait d’employer André. De quel droit se permettait-il de douter de ses sentiments ? Ses faux semblants et l’air de chien battu qu’il prenait depuis quelques temps l’exaspéraient. Elle décida de le lui dire franchement et de faire éclater l’abcès de silence qui s’était créé entre eux.

« -Tu pourrais faire de même ! Au nom de notre amitié, je serais prête à répondre à tes questions ! Je sais que tu en meurs d’envie, mais jamais tu n’as eu le courage de me demander ! »

Le regard d’André devint froid et dur.

« -Tu veux vraiment que je te demande ce qui me pèse en ce moment même sur le cœur ? Très bien. Ecoute donc. Pourquoi t’es- tu déguisée ce soir ? Pour qui ? Pour Fersen ? Ce fat ne te mérite pas… J’enrage de ne pas savoir ce qui t’arrives. Je croyais pourtant être ton meilleur ami. Ne m’as-tu pas dis un jour que les secrets ne devaient pas être de mise entre nous ? Si tu étais franche ce jour-là, réponds donc à mes questions. Que ressens-tu vraiment pour lui ? Que s’est-il passé ce soir entre lui et toi ? Car je sais que quelque chose est arrivé, pour que tu sois comme ça. »

Le silence s’installa à nouveau entre les deux amis. Alors André secoua doucement la tête et commença à se diriger vers la porte en soupirant.

« -Tu vois Oscar, tu ne dis rien. Et je ne t’en veux pas… Comment pourrais-je le faire ? Je l’ai accepté depuis longtemps. Tu es comme ça, posant des énigmes mais n’y donnant jamais réponse. »

André était sur le point de sortir quand il entendit Oscar parler, avec hésitation :

« Il m’a invité…J’ai dansé avec lui… Il m’a parlé de moi, sans me reconnaître… Il m’a trouvé belle… Belle, moi. Tu te rends compte de l’ironie de ces mots ?…J’avais… J’avais l’impression d’être une autre et… Il a voulu m’embrasser… »

Le jeune homme se retourna vivement. Maudit Fersen ! Pourquoi fallait-il qu’il la fasse souffrir, elle ? Il y avait tant de femmes aux bals de la cour. Pourquoi l’avoir invitée ? Était-elle donc vraiment la plus belle femme de Versailles pour qu’il l’ait remarquée ainsi ? Il l’avait embrassé ; son Oscar ?

André retourna vers son amie. Elle avait les yeux obstinément fixé vers le sol, mais elle lui jeta un regard furtif avant de poursuivre. Sa voix avait retrouvé de sa fermeté :

« -Je me suis enfuis. Je croyais l’aimer, mais déjà je n’en suis plus sûre. »

Elle eut alors un rire désabusé .

« - Que m’arrive-t-il donc ce soir ? Parler d’amour avec toi… Ou plutôt de non-amour. Je n’ai jamais connu ce sentiment et ma vie ne m’amène pas à le rencontrer un jour. Et toi André, toi si discret sur ta vie, sais-tu ce qu’est l’amour ? »

André hésita un instant avant de répondre. Devait-il lui dire la vérité ?

« -Bien sûr… Puisque je t’aime Oscar. Je connais ce sentiment depuis notre enfance. J’ai toujours souhaité te suivre, où que tu ailles, j’ai voulu vivre ma vie à tes côtés. J’aime quand tu ris, quand tu rages, j’aime ta force, ta fougue, ton courage. Je t’aime à chaque instant, même lorsque tu m’exaspère. Tu es ma meilleure amie. Quel amour plus fort pourrais-je souhaiter ? »

Oscar lui sourit à nouveau, franchement cette fois ci, et se leva avec grâce.

« Après tout, peut-être est-ce toi qui as raison. Pourquoi me lamenter après quelque chose alors que ce que j’ai est déjà inestimable ? Une amitié aussi forte qu’est la nôtre vaut certainement plus que n’importe quel amour. J’ai perdu bien assez de temps à courir après cette chimère. J’ai toujours vécu de la façon qui me convenait le mieux, alors pourquoi changer ? J’aime ce que je fais et je n’ai pas l’intention de changer. Pour rien au monde. Merci André de m’avoir dit cela. »

Oscar bailla alors et s’étira. Puis elle se dirigea vers sa chambre. Arrivée à l’arcade qui séparait sa chambre du boudoir, elle se retourna vers André, puis désigna du menton la robe qui gisait toujours sur le sol.

« -André, fais la disparaître s’il te plait. Je sais à présent que je n’en aurais plus jamais l’utilité. De plus, je ne voudrais pas que père la découvre.

-Ne t’inquiète pas Oscar, je vais m’en assurer.

-Merci André. Bonne nuit »

André alla ramasser la robe de soie et la tint quelques instants dans ses mains, le regard rêveur. Puis il releva les yeux et, semblant se souvenir de quelque chose, se précipita dans la chambre d’Oscar. Mais le spectacle qu’il découvrit le coupa dans son élan. Le sommeil avait dû emporter son amie au moment où elle s’était allongée et elle reposait en travers du lit, la tête posée sur l’un de ses bras, à moitié recouverte par sa couverture. André s’approcha d’elle, tout doucement, et effleura de sa main une mèche des cheveux d’or. Elle souriait dans son sommeil, un sourire doux et apaisé qu’elle n’avait jamais quand elle était en éveil. André la trouva miraculeusement belle ainsi ; Plus encore que lorsqu’elle lui était apparue en haut des grands escaliers, quelques heures auparavant. Quel cadeau lui avait fait la vie en la plaçant à ses côtés. C’était son privilège que de la suivre et de la servir. Et la récompense qu’il en tirait était tellement au-dessus de ses espoirs ! Elle se découvrait à lui sans fard aucun, et lui seul était capable de voir sa fragilité quand tombait le costume du militaire et le masque du colonel.

L’éternel serviteur remonta alors tendrement les couvertures sur les épaules de son amie et sortit avec douceur de la chambre.

Une fois arrivé dans ses propres appartements, André se dirigea vers son armoire. Il déploya la robe qu’Oscar avait portée quelques heures auparavant et qu’il tenait toujours dans ses mains. Il ne pouvait se résoudre à la jeter. Alors il la plia soigneusement et la cacha au fond du meuble en bois, entre deux chemises. Puis il alla s’allonger sur son lit, fouillant le noir du regard. Ses yeux ne voyaient pas le plafond, non… Devant ses pupilles dansaient des cheveux fous couleurs de paille, une bouche moqueuse, une taille gracile, des yeux frondeurs. Comme toujours avant le sommeil, Oscar venait le hanter.

André s’aperçu alors que cette soirée n’avait rien changé dans son cœur. Qu’importait la beauté d’Oscar ! Il l’avait toujours vue plus belle que les autres femmes. Ou plutôt il ne s’était jamais rendu compte qu’il existait d’autres femmes qu’il aurait pu aimer. Oscar occupait son cœur tout entier depuis la première fois qu’il l’avait vu. Un amour tellement fort ne s’occupe plus de la beauté extérieure… Bien qu’Oscar fut plus belle que l’aube…

Cela le gênait presque qu’elle fut si jolie. Si elle l’avait été un peu moins, d’autres que lui ne l’auraient pas aimé. Car André ne se faisait pas d’illusion. Il savait qu’en une seule soirée Oscar avait conquis plus de cœurs et d’âmes que bien des femmes en une vie toute entière. Et qui sait ? Peut-être que parmi eux se trouvait celui qui saurait se faire aimer d’elle.

André se tourna sur le côté et s’obligea à fermer les yeux. Pourquoi songer au lendemain ? Aujourd’hui encore elle était là, près de lui et dans quelques heures il pourrait aller ferrailler avec elle ou bien encore se promener dans les bois. Et même si un jour elle en aimait un autre que lui, il la suivrait. A titre de serviteur bien sûr, bien qu’il sache qu’il était bien plus que ça à ses yeux. Il était son ami d’enfance, terme qu’elle lui avait conféré et qui lui donnait tous les droits.

Et puis… Les longues années qu’il avait déjà passé à la suivre lui avaient appris une chose. Si l’ombre n’existe pas sans la lumière, celle-ci en revanche ne peut en aucun cas se séparer de son ombre. André savait depuis longtemps qui était la lumière et qui était l’ombre.

Sa dernière pensée avant de s’endormir fut pour elle :

« Je ne t’ai pas menti ce soir, je t’aime depuis toujours. Seulement, je ne t’ai pas tout dis. Comment aurais-je pu ? Il m’était impossible de te dire à quel point tu m’es précieuse, indispensable. Quelle aurait été ta réaction si tu avais su que mon unique désir est de passer la fin de mes jours à tes côtés, de m’endormir dans tes yeux et de me réveiller dans tes bras ? Comment pourrais-je t’imposer la force de mes sentiments alors que tu te débats déjà avec le trouble que te causent les tiens. Je t’attendrais donc, et ceci jusqu’à la fin de ma vie s’il le faut. Quand il s’agit de toi, ma patience n’a plus de limite. Aurais-je dû te le dire Oscar ? Je t’aime d’amour et non d’amitié. Et je t’aimerais toujours."


FIN

*** Lady Oscar Lady Oscar ***


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