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 "Conte hivernal" par Laney

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Nicole
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MessageSujet: "Conte hivernal" par Laney   Jeu 4 Déc 2014 - 19:20

"Conte hivernal"




par Laney



La pluie tombait à verse. De gros nuages noirs s’amoncelaient dans le ciel, laissant présager un orage imminent.

Oscar posa son verre vide sur la cheminée et s’approcha de la fenêtre. Son haleine dessina un soupçon de buée sur la vitre, et elle s’entendit soupirer. Le château était vide, elle se sentait très seule…

Sur cette pensée elle monta directement à sa chambre et frissonna en fermant la porte ; étant située à l’étage du château, la pièce était ainsi plus fraîche. La jeune femme décida donc de descendre au salon et d’allumer un feu dans la cheminée. Elle s’accroupit et regarda les flammes danser joyeusement dans l’âtre. Elle ferma les yeux, et fut transportée dans le temps…

Cela faisait un an. Une année que tout s’était terminé et avait commencé. Une année de doutes et d’hésitations.

Ce jour-là, Oscar se réveilla de mauvaise humeur. Il avait neigé pendant la nuit et elle eut très froid, ce qui eut pour effet de troubler son sommeil. Elle eut envie de rester au lit toute la matinée… prendre un petit déjeuner tardif dans l’après-midi, et somnoler tranquillement près de la cheminée le reste de la journée.

Elle n’arrivait pas à l’oublier. « Pourquoi me hante-t-il ainsi ? Je ne veux plus penser à lui… Il ne faut pas… Je ne dois pas… »

Oscar se leva brusquement et s’étira paresseusement. Elle décida qu’elle occuperait sa journée, d’une façon ou d’une autre…

Elle avait accordé à ses hommes une permission. Les pauvres restaient quasiment tout le temps à la caserne, ils avaient bien le droit et le mérite de passer un jour comme celui-ci en famille.

Oscar sourit. La famille ? Elle n’en avait pas. Elle n’en avait jamais eu, ses parents étant toujours occupés par les bals de Leurs Majestés, les réceptions et autres futilités.

Elle était seule. Si désespérément seule en ce jour particulier. En cette heure pourtant matinale, les domestiques étaient allés faire la fête en famille, ses parents étaient à Versailles, et même André n’était pas là.

Mais où pouvait-il bien être ? Oscar soupira et s’habilla lentement. Puis elle descendit se préparer quelque chose pour le petit déjeuner et son cœur déborda de tendresse lorsqu’elle vit que Grand-mère avait laissé quelque chose sur la table pour elle.

Malgré l’odeur exquise de la pâtisserie, la jeune femme perdit rapidement son appétit. Elle n’aimait pas se savoir faible… Pourtant elle sentait que depuis quelques mois, beaucoup de choses avaient changé. Tellement d’évidences étaient remises en question. Tellement de souvenirs faisaient à nouveau surface, surtout en cette période de l’année.

Sentant les larmes lui monter aux yeux, Oscar les essuya d’un geste brusque et sortit dans le froid glacial, non sans avoir enfilé un manteau épais et noué une écharpe autour de son cou.

Elle fit quelques pas dans la neige molle, et arriva ainsi à l’écurie. Son étalon blanc était paisible, et il répondit favorablement à la caresse de la jeune femme. Oscar lui parla doucement, et lui donna à manger. André avait apparemment oublié de s’en occuper.

Au bout d’un moment, le regard d’Oscar se posa sur une hache. Fronçant les sourcils, elle abandonna son cheval et s’approcha de l’instrument. Elle le contempla longtemps, puis un sourire triste se dessina sur ses lèvres ; elle s’empara de la hache et sortit de l’écurie.

Au premier coup de hache, Oscar réalisa que sa tâche n’allait pas être facile. Le tronc du conifère qu’elle avait choisi était très résistant. Mais elle était déterminée, et elle se promit d’arriver à emmener l’arbre au château des Jarjayes.

La jeune femme n’aimait pas l’échec. Elle n’en avait jamais connu. Elle avait parfaitement réussi à contrôler sa vie, jusqu’à maintenant. Ce n’était pas un arbre qui allait lui faire renoncer à ses valeurs.

Jusqu’à maintenant… Dans un accès de rage, Oscar frappa plus fort le conifère qui finit par céder. Morte de fatigue, elle se laissa tomber dans la neige immaculée et reprit son souffle.

C’était une fois de plus un obstacle franchi. Mais pourquoi s’était-elle laissée prendre au piège ? Elle avait presque honte d’avoir été aussi faible. Le pire était qu’elle ne savait rien des sentiments qu’il éprouvait pour elle. Etait-ce de l’amitié ? Ou de l’amour bien dissimulé ? Il ne lui avait jamais rien dit de très explicite. C’était elle qui espérait pouvoir lire entre les lignes…

Ils s’entendaient très bien, tous les deux. Ils n’avaient presque aucun secret l’un pour l’autre, et Oscar dut admettre en rougissant qu’elle avait du mal à rester maîtresse d’elle-même quand il était près d’elle.

Elle était perdue dans ses réflexions quand elle entendit une voix derrière elle :

« Ne reste pas là, Oscar, ou tu vas prendre froid. »

La jeune femme se retourna et son cœur bondit dans sa poitrine. Il était là. Souriant, et si beau dans son manteau qui faisait ressortir la magnifique teinte de ses yeux limpides.

Oscar reprit contenance et se leva prestement, aidée par le jeune homme qui ajouta :

« Je ne savais pas que tu comptais t’occuper du sapin. Laisse-moi t’aider. »

Sans mot dire, Oscar porta avec lui l’arbre jusqu’au salon des Jarjayes. Il avait gardé son manteau, comme s’il était prêt à partir. Déjà…

Alors la jeune femme tenta le tout pour le tout :

« Tu veux prendre un verre avec moi ?

- Tu sais que ce sera avec plaisir. »

Il lui sourit et Oscar se sentit fondre. Elle était très heureuse de le voir enfin. Elle se rendit dans la cuisine pour chercher la bouteille, et faillit la lâcher lorsqu’elle revint au salon.

Il avait enlevé son manteau, sous lequel il ne portait qu’une simple chemise blanche, et Oscar devinait sa silhouette parfaite sous son pantalon bien ajusté.

Elle se sentit ridiculement rougir, et se sermonna intérieurement. Puis elle posa la bouteille sur la table, et se dirigea vers la cheminée dans le but de raviver la flamme qui menaçait de s’éteindre.

Oscar s’accroupit et saisit le tisonnier. Il vint près d’elle, et se mit à la regarder avec une extrême intensité. N’y tenant plus, elle lâcha rapidement le tisonnier et se leva dans un geste brusque. Elle n’osait pas le regarder et s’apprêtait à prendre place dans un fauteuil confortable, quand il lui prit doucement la main et la porta à ses lèvres.

Oscar avait l’impression qu’elle allait exploser. Elle hésita cependant à répondre à son appel, et retira sa main comme si elle avait été brûlée.

Il fut surpris, et s’éloigna d’elle. Avec difficulté, il lui dit : « il vaudrait mieux que je parte, j’ai encore à faire. »

Oscar n’eut pas le courage de le retenir.

Perdue dans ses souvenirs, Oscar ne l’avait pas entendu entrer. Revenue soudain à la réalité, elle se rendit compte que la chaleur du feu l’étouffait.

Elle se releva, et le vit. Elle fut surprise de le trouver là, mais réussit à lui demander :

« Cela fait longtemps que tu es là ?

- Non. Et la porte n’était pas fermée. Pardonne-moi de te surprendre ainsi. »

Il lui tendit un paquet :

« Je vois que tu as déjà décoré le sapin. Il est très beau. Tiens, c’est pour toi. »

Oscar prit le paquet et le posa sur la table. La gorge nouée, elle murmura :

« Merci. »

Il tournait déjà les talons, mais elle lui prit le bras et le força à se retourner. D’un regard déterminé, elle saisit sa main et la posa sur sa joue, en fermant les yeux sous le tendre contact.

Il se rapprocha d’elle, et la serra dans ses bras en enfouissant sa tête dans la chevelure dorée au parfum envoûtant.

Ce fut elle qui fit le premier pas, cette fois. Elle leva lentement son visage, et déposa un baiser sur ses lèvres. Puis elle chuchota :

« Je suis désolée d’avoir mis autant de temps pour comprendre… Lorsque je me suis levée ce matin, je me suis rappelé de ce qui s’était passé l’année dernière. J’y pense chaque jour depuis, mais ce matin l’évidence de mes sentiments m’a hantée plus que de coutume.

- Je ne t’en veux pas, Oscar. »

Elle lui répondit par un baiser. Ils restèrent longtemps ainsi, sans se rendre compte que le feu s’était éteint. Des heures plus tard, alors qu’ils reposaient dans les bras l’un de l’autre, le jeune homme murmura :

« Joyeux Noël, Oscar.

- Joyeux Noël, André. »


Fin

*** Lady Oscar Lady Oscar ***


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